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couverture-livre-la-guerilla-des-animauxIsaac veut à tout prix défendre la cause des animaux. Financé par Hollywood et aidé de Yumiko, il devient terroriste. Son objectif : tuer les hommes pour sauvegarder ce qu’il reste du règne animal…

Comme j’aime beaucoup les premiers romans, et qu’Alma est une de mes maisons de prédilection, je me suis embarquée avec enthousiasme dans la lecture de La guérilla des animaux, sans avoir regardé de très près de quoi il retournait.

J’aurais peut-être dû me renseigner un peu davantage sur les positions de l’auteur avant de me lancer. En effet, dès les toutes premières pages, j’ai trouvé le personnage central, Isaac, copieusement antipathique. De fait, l’homme devient très vite un meurtrier et semble n’éprouver aucun état d’âme à tuer ses semblables s’il s’agit de protéger des animaux. Impossible pour ma part d’éprouver la moindre once de sympathie pour un personnage extrémiste et terroriste. Même lorsqu’il rompt avec sa famille pour leur épargner son combat. Même lorsqu’il tombe amoureux et vit des drames personnels. Comment peut-on adhérer à un héros qui tue de sang-froid ?

Alors, forcément, j’ai cherché de l’ironie et du second degré. Il faut dire qu’Isaac fait beaucoup de grands discours, souvent assez ampoulés, exagérés et péremptoires. J’ai donc pensé pendant plus d’un tiers du récit que le romancier cherchait à faire de ce personnage un repoussoir, qu’il souhaitait montrer le danger de tels prédicateurs totalement obsédés par leur cause au point de perdre tout sens de la mesure et de l’éthique. J’attendais que le sort se retourne contre Isaac et qu’il devienne évident que l’auteur n’écrivait pas ses péripéties au premier degré.

Sauf que le récit évolue bizarrement en se projetant dans un futur apocalyptique façon guerre mondiale avec meurtres barbares, retournements d’opinion et génocides animaliers. Non seulement la fin ne m’a pas parue spécialement réaliste (en même temps j’ai toujours eu du mal à me projeter dans les livres futuristes) mais en plus Isaac n’est jamais clairement désavoué, même s’il semble lui-même finir par douter d’avoir employé les bonnes méthodes. Même l’autoportrait en quelques pages de l’auteur, à la fin du livre, a eu tendance à me faire froid dans le dos.

Sur un sujet très en vogue et intéressant, Camille Brunel sert un récit certes bien écrit, quoique un peu trop alambiqué dans son style à mon goût, à mi-chemin entre le malaise de l’expérience de pensée de Défaite des maîtres et possesseurs et le manifeste culpabilisant des Renards pâles. Autant j’aime qu’un livre m’invite à réfléchir, autant j’ai du mal à accepter l’impression qu’un auteur se sert de la fiction pour faire la morale à ses lecteurs. Ici, la violence érigée en solution me semble totalement contre-productive quant à convaincre du bien-fondé de prendre fait et cause pour les animaux. Je ne doute pas que d’autres lecteurs que moi seront agacés, mais j’imagine que les convaincus y trouveront leur compte. Reste à espérer que le roman ne leur donnera pas l’idée d’actions aussi violentes et radicales…

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