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affiche-film-blue-valentineDean et Cindy sont les parents d’une petite Frankie. Alors que leur chien disparaît, chacun s’enferme dans ses insatisfactions, malgré les souvenirs heureux de leurs débuts…

Movie challenge 2018 : un film avec une couleur dans le titre

Je me souviens avoir découvert l’existence de ce film dans une liste des « meilleurs films romantiques », aux côtés notamment de N’Oublie jamais. Ayant été extrêmement déçue par ce dernier, j’ai un peu hésité à visionner Blue Valentine : et si c’était le même genre de bluette aux personnages agaçants ?

J’ai suivi les conseils des cinéphiles de Twitter qui ont répondu à mon sondage en me conseillant de tenter tout de même. Et sur ce coup-là, ils/elles ont eu bien raison.

Avant The Place beyond the Pines et Une vie entre deux océans, Derek Cianfrance s’attelle à un sujet tristement ordinaire : le délabrement progressif d’une histoire d’amour. J’ai lu ici ou là que ce film était une tragédie, et je ne suis pas d’accord. Si Blue Valentine est tragique, alors c’est la vie même de la plupart des gens qui l’est. Pour ma part je parle de tragédie quand une histoire finit horriblement mal, mais je ne trouve pas ici que ce soit le cas.

La construction subtile et intelligente du film permet en effet au spectateur à la fois d’évaluer l’ampleur des dégâts au sein du couple, mais aussi de comprendre comment on en est arrivé là, voire pourquoi, dès le début, cette situation était en partie prévisible. J’ai trouvé la psychologie des personnages vraiment cohérente et pertinente de ce point de vue

Le film doit beaucoup à ses deux interprètes, Michelle Williams (Suite française, My week with Marilyn) et Ryan Gosling (La La Land, N’Oublie jamais – comme quoi !). Non seulement ils forment un couple crédible à l’écran et réussissent à incarner le passage du temps avec brio (je salue d’ailleurs les costumiers/ères, maquilleurs/euses qui sans débauche d’artifices réussissent à vieillir/rajeunir les personnages), mais ils se glissent de façon naturelle dans la peau de ces gens d’un milieu modeste et peu cultivé où l’on ne trouve comme échappatoires que l’alcool, la cigarette voire la violence. Les scènes de Dean avec la petite Frankie sont particulièrement adorables et sonnent extrêmement justes, apportant au personnage, dès le début du film, un côté fantaisiste et attachant qui permet aussi au spectateur de ne pas le juger par la suite.

J’ai l’impression que je pourrais vraiment passer beaucoup de temps à analyser la trajectoire de ces personnages, la façon dont les actions et les paroles de l’un rebondissent sur l’autre et tout ce que leur histoire contient d’inévitable. On peut dire qu’ils reflètent une certaine réalité sociale, et que toutes les histoires ne tournent pas ainsi, car, certes, leurs choix initiaux conditionnent la suite. Ou on peut voir dans le film un exemple particulièrement criant de l’évolution naturelle des sentiments. C’est sans doute dans la tension entre ces deux options que Blue Valentine se révèle un très bon film.

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