« Under the silver lake » : de l’autre côté du miroir

affiche-film-under-the-silver-lakeSam est un trentenaire désœuvré qui s’amuse à mater sa voisine Sarah. Il finit par l’aborder, mais le lendemain, elle a disparu et sa maison est vide, à l’exception d’une boîte et d’un mystérieux symbole sur le mur. Sam se lance à sa recherche…

Je ne sais pas trop ce qui m’a pris d’aller voir ce film. Je savais qu’il avait divisé à Cannes et je n’avais pas forcément l’impression qu’il me plairait, mais il y avait dans la bande-annonce quelque chose de ludique qui m’a intriguée. Il faut savoir que je suis très joueuse, j’aime en particulier beaucoup les escape games, jeux de pistes, etc. Et je pense que c’est exactement ça qui m’a attirée dans ce film : l’impression d’un jeu géant.

Je trouve que de ce côté le film tient assez bien sa promesse. Nous suivons Sam, un loser pathétique qui ment à son entourage pour faire croire qu’il travaille, baise en regardant la télé, mate ses voisines avec des jumelles et vit dans un capharnaüm dont il risque à tout instant d’être expulsé. Le personnage campé par Andrew Garfield n’est certainement pas sympathique mais se veut une sorte de symbole d’une génération baignée dans la pop culture, sa musique (il a un poster de Kurt Cobain au dessus de son lit), ses émissions télé (il analyse La Roue de la fortune avec passion), ses jeux vidéo (dès la première scène Sam porte un tee-shirt avec un jeu d’action-plateformes)… Et son désœuvrement a le mérite de le laisser totalement disponible pour se lancer dans ce jeu de piste grandeur nature.

Dès lors que le jeu est lancé, le film se lance dans une course effrénée sur les traces de Sarah, sans se priver de digressions nombreuses et plus ou moins cohérentes, virant petit à petit vers l’absurde. Sam rencontre des personnages tordus tels que l’inventeur des comics qui donnent son titre au film, un homme qui a placé sa maison sous vidéosurveillance, pense que le secret de Los Angeles se situe dans une carte gagnée dans un paquet de céréales et attend fiévreusement le baiser mortel d’une mystérieuse femme-chouette. Vous vous demandez ce que David Robert Mitchell a fumé ? Moi aussi.

Saturé de références, dont la plupart me sont passées au-dessus de la tête, étant donné que je n’ai pas une grande culture ciné classique, le film s’octroie quelques blagues méta bien trouvées (notamment autour de The Amazing Spiderman) et d’autres bien plus premier degré (la scène avec le putois m’a fait rire aux éclats), assumant un vrai côté comédie qui m’a bien plu.

Mais c’est aussi clairement une critique de la pop culture et de la société de consommation qui se dessine au fil de la quête de Sam, et trouve son paroxysme dans la scène du compositeur de tous les tubes (Jeremy Bobb). Sans être extrêmement originale, cette dénonciation d’une génération qui consomme en se croyant unique, rebelle et exaltée mais se laisse en fait manipuler par les riches qui profitent de sa naïveté est plutôt bien menée.

Ce qui surprend le plus dans ce film, finalement, c’est la façon dont la quête désorganisée de Sam finit par porter ses fruits et donner lieu à une solution qui penche du côté du mysticisme et de la secte. À la sortie de la salle, reste l’impression de ne pas avoir tout compris aux si nombreuses pistes exploitées, qui pousse à se demander si le réalisateur ne nous aurait pas un peu enfumés. Sans être particulièrement exaltée par le sens du film, j’en retiens un bon moment barré et ludique, finalement bien ancré dans la culture pop du divertissement qu’il critique.

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3 commentaires sur “« Under the silver lake » : de l’autre côté du miroir

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  1. En sortant de la salle j’étais clairement déboussolée ^^ je ne savais vraiment pas quoi en penser et je ne sais toujours pas. Je n’ai pas aimé mais pas non plus détester!

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