« Une famille normale », ou presque normale…

couverture-livre-une-famille-normaleCassiopée et Damien sont mariés depuis vingt ans et ont deux ados, Lucie et Benjamin. À la mort de sa mère, Cassiopée remet en cause tout l’équilibre familial…

J’avais récupéré ce roman de Garance Meillon un peu par hasard, lors d’un vide-bibliothèque organisé par mes amis de chez Babelio. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, si ce n’est peut-être une énième histoire de famille de quadra bourgeois à problème (comme Parmi les miens l’an dernier, par exemple).

Je dois dire qu’on est totalement dans cette veine, l’originalité résidant ici dans le fait que l’on suit également les enfants du couple, puisque le récit est écrit à 4 voix, alternant au gré des chapitres.

Tout commence avec Cassiopée, donc, que son mari n’a de cesse d’appeler « petite fille triste », et qui doit faire le deuil d’une mère dont elle n’a jamais été proche. Si vous prévoyez des secrets qui ressurgissent et un soudain besoin de tout changer dans sa vie en conséquence… vous avez raison.

Plutôt bien vue et bien écrite, cette dissection d’un couple banal confronté aux problèmes normaux de ce type de personnes : ennui, désamour, réflexion sur le chemin parcouru depuis ses 20 ans… manque pourtant d’un peu de piquant, ou d’empathie.

Dans cette « famille normale », on ne peut s’empêcher de penser que quelques éléments ne sont pas si normaux, des éléments qui peuvent agacer le lecteur. Déjà, parler de normalité pour des gens qui vivent dans un 100 m2 en plein Paris, qu’on ne voit jamais travailler (même s’il est dit que Cassiopée a un job très bien rémunéré), qui peuvent s’absenter de leur travail quand bon leur semble… On est clairement dans un décor glamour de gens aisés, comme dans toute une veine de la littérature française où les héros et héroïnes sont toujours blanc(he)s, hétéros et sans problèmes d’argent. On a alors envie de pasticher Damien pour dire « petite fille riche ».

Même en acceptant ce milieu social comme une donnée de départ, après tout pourquoi pas, j’ai été étonnée du traitement de la relation parents-enfants. Clairement, Cassiopée et Damien n’en ont, pendant 90 % de l’intrigue, rien à faire de leur progéniture. Les enfants les appellent par leur prénom par provocation, vont et viennent à leur guise, rentrent à pas d’heure (même à 13 ans), mentent effrontément, peignent sur les murs de leur chambre, sans déclencher plus qu’une vague remontrance. Cassiopée dit clairement que si son fils a des idées suicidaires « Je décidai très égoïstement de m’occuper du cas de Benjamin plus tard. » et Damien avoue qu’il aime infiniment plus sa femme que ses enfants.

Bon, finalement, cette famille est sans doute moins normale et plus dysfonctionnelle qu’il n’y paraît. Mais la façon de les présenter du récit les excuse plus qu’elle ne les condamne, comme si finalement elle recréait une nouvelle norme. De quoi faire songer au lecteur : tout plutôt qu’être une famille normale.

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