« Les sentiments » : rouge passion

affiche-film-les-sentimentsFrançois et Édith emménagent dans la maison voisine de celle de Jacques et Carole. Les deux couples font connaissance et deviennent rapidement très amis…

On m’avait recommandé ce film depuis assez longtemps, et, après avoir vu Le Sens de la fête et Place publique, j’ai décidé de découvrir peu à peu la filmographie de Jean-Pierre Bacri. Me voilà donc partie pour ce qui, sur le papier, s’annonce comme une comédie de mœurs réjouissante.

Or, dès les premières images j’ai été frappée par deux éléments majeurs de l’esthétique du film, qui lui confèrent une singularité et nous détachent de la banalité de l’histoire racontée.

Dès le tout début du film, on découvre un cinquième personnage qui sera très présent tout au long du film sous la forme d’une voix : une chorale de chanteurs lyriques, habillés de façon délirante et excessivement colorée, vient ponctuer le film d’exclamations chantées et de morceaux dont les paroles sont censées illustrer les états d’esprit tus des personnages. Encore faut-il comprendre ce que disent les voix entremêlées, ce qui n’a pas toujours été mon cas. J’ai trouvé à vrai dire cet élément sonore très encombrant, couvrant parfois les dialogues, et n’apportant au fond pas grand chose, si ce n’est une touche de bizarrerie dans un film qui en avait déjà par ailleurs.

En effet, le deuxième élément marquant du film, c’est sa couleur. Vous connaissiez sûrement le « jaune Jeunet », vous découvrirez ici le rouge Lvovsky. J’avais bien remarqué le goût de la réalisatrice de Camille Redouble pour les couleurs, mais cette fois c’est assez fou : tout est rouge, partout. Les murs des pièces de la maison de Jacques et Carole, la plupart des objets qui s’y trouvent, les tenues des personnages (des femmes en particulier), jusqu’aux voitures (rouges et oranges). Les costumes sont totalement improbables avec des combinaisons d’imprimés à faire saigner les yeux des spectateurs. J’imagine que cette profusion de rouge est censée représenter la passion, la violence des sentiments.

En dépit de ces éléments qui m’ont laissée perplexe, j’ai passé un bon moment devant cette comédie grinçante autour d’un thème vieux comme le monde : l’adultère. Les acteurs sont vraiment remarquables, Bacri semblable à lui-même, qui trouve toujours le moyen de pousser la chansonnette et de nous abreuver de mimiques hilarantes, Nathalie Baye touchante dans son amour sincère pour son mari, sa bienveillance envers ses jeunes voisins, sa vitalité, Melvil Poupaud en gendre idéal coincé et Isabelle Carré qui crève l’écran avec ce personnage de jeune femme solaire et fofolle guidée toujours par ses sentiments et jamais par la morale ou la raison. Dommage que la mise en scène et les décors manquent un peu de la subtilité dont font preuve les acteurs.

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4 commentaires sur “« Les sentiments » : rouge passion

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