« Tout plutôt qu’être moi » : plongée en HP

couverture-livre-tout-plutot-qu-etre-moiCraig a travaillé dur pour intégrer le meilleur lycée de Manhattan, mais depuis la rentrée, il va de plus en plus mal : dépression, vomissements, insomnies… Une nuit, taraudé par la tentation du suicide, il décide de se faire interner…

J’avais déjà vu passer quelques chroniques sur ce livre sur la blogosphère et le sujet me semblait intéressant, même si je craignais un peu l’approche « roman pour adolescents », dont j’avais peur qu’elle ait tendance à romantiser et édulcorer le sujet. Finalement on m’a offert le roman de Ned Vizzini et cela m’a donné l’opportunité de me faire ma propre opinion.

Le style est assez oral puisque nous sommes en permanence dans l’esprit de Craig, un ado de 15 ans souffrant de dépression. Cela permet au lecteur de se plonger facilement dans l’histoire, de compatir avec le protagoniste, mais donne aussi le sentiment d’une lecture facile, sans effort. Si j’ai repéré quelques bricoles de traduction qui sonnent un peu bizarrement en français, dans l’ensemble le style réussit à s’effacer totalement devant son sujet, à l’exception de quelques métaphores récurrentes employées par Craig pour dépeindre son ressenti : le petit bonhomme qui tire une corde dans son estomac, les vélos qui tournent dans sa tête, les tentacules de l’angoisse et les ancres qui le raccrochent à la vie. Ces éléments métaphoriques ont beau manquer un peu de subtilité, ils ont l’avantage d’être assez clairs et représentatifs pour que nous puissions imaginer dans quel état se trouve le jeune homme.

La partie la plus intéressante du livre commence réellement lorsque Craig se fait interner. En effet, avant, il s’agit d’une description des affres de l’adolescence assez banale, même si Craig les vit de manière plus emphatique que la plupart des ados : difficultés scolaires, rivalités amoureuses…

Une fois à l’hôpital psychiatrique, le jeune homme est confronté à une galerie de personnages hauts en couleur, tous plus atteints que lui, ce qui va l’aider à retrouver un équilibre. J’ai trouvé toute cette partie du livre assez plaisante à lire, même si on voit assez vite où le récit va nous conduire. Il y a de l’humour, une forme de tendresse pour ces détraqués de la vie, qui rendent le livre plutôt doux en dépit de son sujet délicat.

Cependant, même si j’ai pris un vrai plaisir à la lecture, je reste un peu sceptique sur certains aspects. D’une part, je trouve que le livre se fait assez moralisateur sur l’Amérique où tous les jeunes prennent des médicaments, sans pour autant s’attaquer aux causes du problème : drogue, pression sociale, culte des apparences ne sont qu’effleurés. On retient surtout le côté complètement réac de l’ado pour lequel réussir sa vie consiste en un métier et un salaire enviés. De plus, il m’a paru assez improbable que Craig, qui était à deux doigts du suicide, puisse sortir reprendre une vie normale au bout de 5 jours seulement. Enfin, les patients de l’hôpital sont présentés sous un jour amusant et sympathique, occultant certaines réalités beaucoup plus dures que peuvent présenter les résidents de ce type d’établissement.

Au final, le livre a le mérite de mettre des mots sur la dépression adolescente et de prouver que des solutions existent, mais il reste assez romantique et lisse dans sa vision des troubles psychologiques.

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