« How to talk to girls at parties » : les filles ces extraterrestres

affiche-film-how-to-talk-to-girls-at-partiesEnn et ses amis sont des ados punks et tiennent un journal dessiné sur leur passion. Un soir, en cherchant une fête, ils tombent sur une étrange bâtisse occupée par des résidents peu ordinaires…

On peut dire que je suis allée voir ce film comme on ouvre une pochette surprise. J’en avais uniquement vu l’affiche, je savais vaguement qu’il était question de romance, du mouvement punk, d’adolescents, et qu’on retrouvait Elle Fanning au casting. Je m’étais dit que c’était suffisant.

À vrai dire j’ai été totalement embarquée dès les premières images, lorsque Enn pousse le volume à fond et se met dans l’ambiance tout seul dans sa chambre puis part à vélo coller des stickers à l’effigie du personnage de BD qu’il a créé dans tout le quartier.

J’étais encore relativement accrochée à l’histoire lorsque Enn et ses deux amis se retrouvent à un concert des « Dyschords » (groupe punk fictif) et que le jeune homme tente d’aller parler à une fille, qui se moque de lui. Je comprenais le sens du titre, et le propos : ce sont des ados, ils aimeraient pouvoir approcher les filles mais ne savent pas comment les aborder.

Mais il y a une info que j’aurais peut-être dû connaître avant d’aller voir le film de John Cameron Mitchell : il est adapté d’une nouvelle de Neil Gaiman. De lui, je n’ai lu que Coraline, ce qui suffit à poser assez clairement le côté hautement bizarre de son univers. Et le film lui a totalement fait honneur sur ce point !

Car pour symboliser combien les filles sont étranges aux yeux des adolescents, le scénario en fait… des extraterrestres. Le film bascule alors du côté gentiment punk des ados anglais, dans un cadre à mi-chemin entre Billy Elliot et Trainspotting (des quartiers modestes aux maisons identiques de mineurs), à une ambiance psychédélique saturée de couleurs vives, celles des uniformes portés par les extraterrestres.

À partir de là, j’avoue qu’on m’a perdue. Le film se lance dans une romance inter-espèces sur fond de discours sur la liberté. Le mouvement punk est associé au combat de Zan (Elle Fanning) pour changer les rites de sa société cannibale. Les séquences plutôt mignonnes dans lesquelles elle découvre le monde humain (celle avec la mère d’Enn par exemple) alternent avec des animations à base de bulles colorées lorsqu’Enn rêve, et des scènes de cauchemar sur fond de sexualité.

Le film a un vrai intérêt esthétique, on sent que le réalisateur et son équipe ont travaillé l’univers qu’ils construisaient, car l’ensemble n’est pas ridicule et se tient de bout en bout. C’est d’ailleurs certainement l’un des films les plus étranges et audacieux de l’année. Mais pour moi il est un peu long et cherche à choquer assez gratuitement, pour finir sur une chute manquant malheureusement de peps et d’originalité. Un bel ovni donc, mais pas vraiment dans mes goûts.

9 commentaires sur “« How to talk to girls at parties » : les filles ces extraterrestres

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  1. J’ai quand même bien envie de voir ce « truc ». Pas pour le côté punk que je pense bidon, mais pour le côté foutraque.

  2. Plutôt emballée au début et petit à petit, ouaiiis déçue, un peu longuet aussi. J’ai trouvé le scénario assez brouillon mais en même temps, malgré sa bizarrerie affichée, paradoxalement j’ai trouvé ça assez convenu. En fait j’ai l’impression que ce film débarque un peu 10 voire même 20 ans trop tard.

    1. Je sais pas si je l’aurais plus apprécié 10 ans plus tôt pour ma part parce que la SF ça reste pas mon truc, mais je vois ce que tu veux dire sur le côté convenu du scénario. Peut-être parce que le livre dont c’est tiré date un peu ?

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