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affiche-film-come-une-imageLolita rêve de devenir chanteuse lyrique, et prend des cours auprès de Sylvia, qui ne croit guère en son talent. Jusqu’au jour où elle découvre que son élève est la fille d’Étienne Cassard, célèbre écrivain et éditeur. Cela tombe bien, le mari de Sylvia est auteur… 

Movie challenge 2018 : un film réalisé par une actrice qui joue dedans

Après ma découverte de Place publique, j’ai décidé d’explorer plus avant la filmographie de Jean-Pierre Bacri, et en particulier ses collaborations avec Agnès Jaoui. J’ai commencé par Comme une image, qui me permettait de remplir cette catégorie du Movie challenge, et de mettre à l’honneur une réalisatrice française de talent.

Ici c’est une histoire de famille qui nous est encore une fois racontée au travers d’un film choral dans le milieu de l’édition et des écrivains, un sujet qui m’intéresse forcément tout particulièrement. J’ai trouvé la charge assez juste et bien vue contre ces gens souvent imbus d’eux-mêmes (Bacri et Laurent Grévill), plus ou moins déprimés, qui ne pensent qu’à leur carrière et sont prêts à se vendre à la télévision pour mieux la faire décoller. Au-delà de ce propos un brin amer, la réalisatrice explore la relation entre l’écrivain, sa cour (le souffre-douleur aka l’assistant, incarné par Grégoire Oestermann, un des éternels seconds rôles du cinéma français, la groupie : Agnès Jaoui, l’éditrice : Michèle Moretti), et sa famille : sa grande fille Lolita, personnage central du film, sa jeune épouse Karine (Virginie Desarnauts).

Étienne est un père peu présent pour Lolita, et la jeune femme n’a de cesse d’essayer d’attirer son attention par ses réussites (en particulier son talent pour le chant) ou en accourant dès qu’il l’appelle au secours, trop heureuse de lui être utile. Par ailleurs, Lolita manque de repères familiaux et trouve un modèle en Sylvia, qui, comme les autres, ne s’intéresse à elle que pour son père.

Comme dans un jeu de quilles, chacun fait rebondir ses souffrances, ses déboires, ses frustrations et son égocentrisme sur les autres : Lolita (Marilou Berry) souffre de l’absence de reconnaissance paternelle et le fait payer à Sébastien, son soupirant ; Pierre sacrifie son ami Félix et son éditrice Édith dès lors qu’Étienne a posé les yeux sur lui et accepté de l’aider à faire décoller sa carrière, on sent bien que Sylvia serait prête à quitter son mari pour Étienne, si celui-ci n’avait pas d’yeux que pour les jeunettes comme Karine, qu’il se permet de molester verbalement à l’envi, la considérant comme son faire-valoir.

C’est certes assez méchant mais c’est surtout férocement drôle, avec des répliques cultes du style « J’ai écrit deux phrases, j’étais content et puis je me suis rendu compte que je les avais déjà mises dans un précédent livre » ou encore « Il y a du cyanure dans la salle de bains ! »

Je ne m’attendais pas à rire autant et j’ai vraiment passé un bon moment devant cette comédie de mœurs aussi réjouissante qu’acide.

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