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affiche-film-avant-que-de-tout-perdreJulien sort discrètement de chez lui et va se cacher sous un pont voisin. Quelques instants plus tard, sa mère le récupère en voiture et va chercher à l’arrêt de bus Joséphine, la grande sœur de Julien… 

Movie challenge 2018 : un court-métrage

Marquée comme beaucoup de spectateurs par Jusqu’à la garde, la claque du début d’année, j’avais découvert par la suite que le film s’appuyait sur Avant que de tout perdre, court-métrage multi-primé de 2013, mettant en scène les mêmes personnages centraux et constituant en quelque sorte le début de l’histoire.

Et en effet, les mêmes personnages sont incarnés par les mêmes acteurs, à l’exception de Julien (Miljan Chatelain dans le court, Thomas Gioria dans la suite). La réalisation et le montage de Xavier Legrand sont conformes à ce qui apparaissait dans Jusqu’à la garde : une sobriété, un réalisme et un sentiment d’urgence dominent l’ensemble des 30 minutes, qui passent en un clin d’œil pour le spectateur.

La particularité de ce court-métrage, par opposition au film sorti en salles auquel il a donné lieu, c’est que, d’emblée, nous comprenons la situation et nous savons distribuer les torts. Là où Jusqu’à la garde démarrait sur un doute dans la salle d’audience de la juge, laissant au spectateur le temps d’élaborer plusieurs hypothèses et de douter des versions de chacun, ici, nous savons dès l’abord qui a commis quoi et pouvons identifier « les gentils » et « le méchant » de façon bien plus manichéenne.

Film sous tension, faisant grimper le stress à coup de sonneries de téléphone (un accessoire très présent également dans le long-métrage), Avant que de tout perdre met le doigt sur une réalité que personne n’a envie de voir, celle des femmes violentées qui un jour finissent par décider de partir pour se protéger et protéger leurs enfants. Ici, le réalisateur choisit de doter Miriam d’un entourage professionnel globalement bienveillant, puisqu’elle vient trouver refuge sur son lieu de travail et que ses collègues et sa hiérarchie se montrent tous compréhensifs voire complices pour l’aider à surmonter cette épreuve. Compte tenu du niveau de stress présenté dans le film, on n’ose imaginer ce que l’histoire aurait pu être sans ces complicités…

Un premier film à la fois intime et social, qui a permis à son réalisateur d’aboutir à un long-métrage encore plus fort, donnant plus de place aux enfants.

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