« La sorcière rousse » : sorcière, sorcière, prends garde à la coupe de verre

couverture-livre-la-sorciere-rousseEvie se voit offrir par un prétendant déçu une énorme coupe en cristal taillé qui semble veiller sur toute la maisonnée… Merlin, jeune libraire sans le sou, fantasme sur sa voisine, une jolie rousse qu’il surnomme Caroline…

Après avoir eu envie de découvrir les écrits de F. Scott Fitzgerald à la lecture de Derniers feux sur Sunset, je me suis plongée dans The Great Gatsby et ses adaptations. J’ai eu l’heureuse surprise de recevoir en cadeau d’une amie qui suit assidûment le blog ces deux nouvelles extraites du recueil Les Enfants du jazz.

Moi qui ai toujours eu un goût particulier pour le genre de la nouvelle, je me suis jetée sur ce livre comme un assoiffé sur une oasis. Et je dois dire que je n’ai pas regretté mon empressement. J’ai d’abord été assez surprise à la lecture du premier texte, « La coupe de cristal taillé », car je ne reconnaissais en rien l’auteur de Gatsby. Ici, point de fêtes somptueuses et d’amours compliquées. Simplement une femme mariée, qui a gardé d’un ancien soupirant un cadeau délicat, une magnifique coupe de cristal. Mais alors que plusieurs événements tragiques viennent émailler la vie d’Evie, celle-ci finit par soupçonner l’objet d’y être pour quelque chose… Avec cette coupe à l’aura maléfique, ces intérieurs bourgeois où se mêlent adultères et volontés d’ascension sociale, je me suis vue plongée dans une atmosphère à la Maupassant. Un peu comme avec « La Parure », un objet réussit à ruiner la vie de toute une famille. J’ai été totalement emportée par cette ambiance un peu surréaliste et très curieuse de savoir comment tout cela allait finir, même si au bout de quelques pages je me suis doutée de la chute.

J’ai ensuite découvert « La sorcière rousse », que j’ai encore plus appréciée. On y suit un personnage sympathique bien qu’un peu mou, un jeune homme désargenté dont la volonté d’ascension s’exprime par son attirance pour une jeune femme qu’il estime hors de sa portée, en dépit d’un moment de complicité dans la librairie où il travaille. Une fois encore la frontière entre réalisme et fantastique est mince et c’est ce qui contribue au charme du récit : le lecteur se laisse agréablement balader par la plume de l’auteur sans savoir s’il doit prendre pour argent comptant les scènes qui lui sont dépeintes, un peu comme une rêverie éveillée.

À mesure de ma lecture, j’ai retrouvé des traits communs avec Gatsby : le fait de gâcher sa vie, le romantisme, le poids des convenances, la mélancolie, et de très jolis décors à l’instar de la librairie. Même si le style Fitzgerald est parfois un peu trop lyrique à mon goût, j’apprécie vraiment le mélange de ses thèmes de prédilections et cette lecture m’a donné envie de poursuivre avec le reste du recueil, et pourquoi pas ses autres textes !

4 commentaires sur “« La sorcière rousse » : sorcière, sorcière, prends garde à la coupe de verre

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