« Les Bien-Aimés » : « aimer est plus fort que d’être aimé »

affiche-film-les-bien-aimesMadeleine vole une paire de chaussures dans la boutique où elle travaille. Alors qu’elle les admire, un homme la prend pour une prostituée, ce qui lui donne l’idée de faire des passes. Elle rencontre ainsi Jaromil, médecin tchèque…

Non, vous ne rêvez pas, vous qui suivez le blog avec assiduité. En sortant de Plaire, aimer et courir vite j’avais bien dit que décidément, le cinéma d’Honoré, ce n’était pas pour moi, qu’il me manquait toujours quelque chose pour m’attacher aux personnages et me laisser émouvoir par leur sort.

Mais on m’a si bien vendu Les Bien-Aimés, en insistant sur la sublime bande-son de cette comédie musicale, que j’ai accepté de me laisser convaincre (notez bien que ça n’arrive pas si souvent !). Et c’est sans doute l’avantage d’avoir découvert ce film en en sachant si peu et en m’attendant simplement à des chansons agréables.

Car effectivement dès les premières images et le premier air (« Je peux vivre sans toi »), j’ai accroché à cet univers sixties coloré et pétillant, incarné par la légère et effrontée Madeleine, une Ludivine Sagnier qui excelle toujours dans les rôles de baby doll au subtil dosage de force et de fragilité.

Rapidement, le film nous entraîne dans un tourbillon, faisant valser les années et les humeurs d’un décor à l’autre, entre Paris et Prague, au gré des séparations et retrouvailles entre Madeleine et Jaromil (Radivoje Bukvic). Alors qu’il menaçait de s’enliser dans un triangle amoureux, Christophe Honoré trouve la parade par un bond dans le temps et un changement d’héroïne. En effet, Madeleine devient peu à peu un personnage secondaire vieillissant (Catherine Deneuve) alors que les projecteurs se tournent vers la fille qu’elle a eue avec Jaromil. Si la scène dansée dans un café-concert londonien peut laisser penser que Vera (Chiara Mastroianni) tient de la frivolité maternelle, le personnage révèle une mélancolie qui s’exprime par l’amour soudain et persistant qu’elle voue à un homme inaccessible (Paul Schneider), alors même que son collègue (Louis Garrel) attend désespérément qu’elle paye ses sentiments de retour.

Certes, ce genre de « fuis-moi je te suis » n’est pas très nouveau, et je ne peux pas dire que j’aie trouvé les personnages extrêmement attachants, dans leurs réactions excessives et leur capacité à faire toujours les mauvais choix, comme s’ils draguaient le malheur avec une insistance déplacée. Et pourtant, quelque chose dans ces amours impossibles m’a touchée plus que je ne l’aurais imaginé, au point d’être dévastée par la dernière demi-heure du film. Cela a sans doute à voir avec le revirement total entre l’entrée en matière dynamique et fraîche et la fin sombre et pesante. Sans doute aussi les différences entre Madeleine et Vera permettent-elles à chacun de se reconnaître dans certains traits de leurs caractères respectifs (en ce qui me concerne l’appétit de vie de Madeleine et le côté jusqu’au-boutiste de sa fille).

Reste après l’émotion de fin du film la rémanence des textes ciselés d’Alex Beaupain portés par des mélodies entraînantes et les voix fragiles et imparfaites des acteurs. S’il m’aura réconciliée dans la douleur avec le cinéma d’Honoré, Les Bien Aimés m’a surtout prouvé une fois de plus que la comédie musicale est un genre qui correspond particulièrement à ma sensibilité.

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