Étiquettes

,

affiche-film-gatsby-claytonNick Carraway arrive de l’Ouest américain pour travailler à New York, et y retrouve sa cousine Daisy, mariée à Tom. Elle lui présente son amie Jordan, golfeuse, qui connaît Gatsby, le richissime voisin de Nick…

Movie challenge 2018 : un remake ou un film qui a fait l’objet d’un remake

Après avoir lu le roman de Scott Fitzgerald le mois dernier, j’ai enfin pu me lancer dans une étude comparative des deux adaptations les plus connues, celle de Jack Clayton (1975) et celle de Baz Luhrmann (2013).

Sur le papier, je craignais un peu que la première ait beaucoup vieilli et que la deuxième n’en fasse trop. J’ai toujours eu du mal avec les films de Baz Luhrmann, que je trouve généralement excessifs et maladroits dans leur mise en scène extravagante.

Ce que je n’avais tout de même pas prévu, c’est de piquer du nez devant le film de Jack Clayton. Certes, les décors sont très bien choisis : la maison de Nick et celles de Daisy correspondent exactement à ce que j’avais en tête à la lecture (celle de Gatsby un peu moins), et les acteurs également, en particulier Jordan Baker, dont les saillies pétillantes rajoutent du sel aux dialogues. Le film a beau être dans l’ensemble très fidèle au texte, parfois au mot près, de la scène d’ouverture aux dialogues les plus mémorables, le réalisateur a ajouté des longueurs superflues en se détachant du point de vue de Nick. En effet, il a inséré des scènes en tête-à-tête entre Gastby et Daisy, où le narrateur n’est pas présent, et qui semble un peu mièvres et surannées, au point de perdre l’attention du spectateur. Robert Redford incarne un Gatsby très sobre alors que Mia Farrow minaude avec une voix de fillette insupportable et que Bruce Dern peine à remplir le costume du « lourdaud » Tom Buchanan. J’ai donc eu du mal à suivre les 2h18 du film sans m’endormir, et j’ai trouvé que, malgré l’atmosphère très bien rendue des fêtes de Gatsby, le film passait à côté d’une partie du récit en occultant la jeunesse de Jay.

affiche-film-gatsby-luhrmannDe son côté, le film de Baz Luhrmann a été assez conforme à mes attentes, aussi bien dans ses qualités que dans ses défauts. À l’exception de Jordan, plus froide et en retrait que dans la version de Clayton (Elizabeth Debicki n’était déjà physiquement pas le bon choix pour incarner la golfeuse bronzée et sportive), le casting m’a semblé nettement mieux choisi dans ce film pour rendre les personnages vivants et attachants. Le tandem Maguire-Dicaprio, notoirement amis à la ville, est une très bonne idée pour rendre compte de l’admiration de Nick pour son voisin et de l’attachement progressif entre les deux hommes. Clairement, Leonardo Dicaprio, qui possédait encore à l’époque un peu de l’expression juvénile de Titanic, est LE choix idéal pour incarner le sourire chaleureux, le romantisme conquérant et la filouterie parfois brutale de Gatsby. Face à lui, Carey Mullighan campe une Daisy plus sympathique et manifestement éprise que Mia Farrow. La crédibilité du couple est renforcée par les flashbacks, qui mettent en lumière leur rencontre et le passé de Gatsby depuis l’enfance. Je n’ai pas été dérangée par le parti-pris qui fait de Nick l’auteur du roman, et j’ai même trouvé assez élégante la façon de surimprimer les phrases les plus lyriques du livre à des plans très esthétiques. Clairement, il y a de très belles choses dans ce film, en particulier la scène d’ouverture avec la lumière verte, qui copie, en mieux, celle de Clayton. Hélas, le film pèche par ce qui m’a toujours exaspéré chez Luhrmann : une débauche d’effets, de mouvements de caméra dans tous les sens, de costumes délirants aux couleurs criardes (la fête dans l’appartement de Myrtle ressemble à une parodie façon Le cœur a ses raisons), et sa bande-originale tapageuse qui fatigue les tympans à coups de remix vaguement charleston de tubes du moment : une fois encore le mélange des époques ne sert à rien qu’à sortir le spectateur de l’histoire.

Bref, l’adaptation idéale aurait sans doute été intermédiaire entre le côté un peu mièvre et lisse de Clayton et le délire pourtant bien incarné de Luhrmann.

logo-movie-challenge-nblc

Publicités