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affiche-film-plaire-aimer-et-courir-viteJacques, écrivain, est envoyé à Rennes pour une adaptation théâtrale d’un de ses textes. Il y rencontre Arthur, un étudiant qui tombe sous son charme immédiatement. Après une nuit ensemble, ils promettent de se téléphoner…

Movie challenge 2018 : un film avec un verbe à l’infinitif dans le titre

Ah, comme j’avais hâte de découvrir ce film, l’un des quatre longs-métrages français en compétition à Cannes ! Sur le papier, il avait tout pour me plaire : un sujet qui rejoint par bien des points plusieurs films que j’aime beaucoup, et un tandem d’acteurs inédit très prometteur : Vincent Lacoste (Hippocrate, Victoria) et Pierre Deladonchamps (Le fils de Jean, Nos années folles). J’avais tellement hâte que j’en occultais presque mon peu d’atomes crochus avec l’univers de Christophe Honoré, dont j’avais détesté La Belle personne et dont Les Malheurs de Sophie m’avaient laissée sceptique.

Dès le générique, à la fois vintage et moderne, j’ai entrevu une constante du film qui allait me poser un sérieux problème : le montage, et en particulier celui de la musique. Toutes les chansons, ou presque, sont coupées brutalement, pour passer à autre chose. Alors, certes, le film porte « courir vite » dans son titre, mais là, on a presque l’impression qu’il faudrait courir plus vite que lui pour ne pas se laisser surprendre par ces coupes nettes. Vous me direz, la bande-son ne fait pas tout. Non, mais finalement, cette tendance au coïtus interruptus se manifeste également dans les autres aspects du film : dans ces mouvements de caméra qui se déportent du personnage encore en train de parler, dans cette façon d’arrêter les scènes juste au moment où l’émotion allait attraper le spectateur (provoquant chez moi un agacement rappelant Moonlight) ou alors qu’il se remettait encore d’un fou rire.

Car oui, c’est la bonne surprise : le film d’Honoré, en dépit de son sujet (car finalement il est presque plus question de maladie et de déclin que d’amour), réussit à faire jaillir des moments légers voire franchement comiques, et ce sont à mes yeux les scènes les plus réussies du film : les moments de délire d’Arthur, quand il se met à chanter ou danser, et surtout la scène de la chorégraphie (dont on ne saura jamais d’où elle sort ni à quoi elle sert) qui met en lumière le personnage à mes yeux le plus touchant du film, le voisin et ami de Jacques, interprété par un Denis Podalydès looké façon Jean-Claude Dusse.

Ce qui me pose problème, c’est qu’alors que l’intrigue avait tout pour me tirer des larmes, j’ai finalement ressenti bien peu d’émotion. Ni les étreintes répétitives ni les envolées sentimentales n’auront réussi à m’attacher un tant soit peu à Jacques et Arthur, qui m’ont tous deux semblé relativement vains et égocentrés.

De plus, j’ai vu Christophe Honoré parler de « sortir des clichés » sur l’homosexualité mais ce n’est pas l’impression que m’a donné le film. D’une part, celui-ci associe clairement l’orientation sexuelle au sida (étant donné qu’aucun personnage hétéro séropositif n’est présenté), d’autre part la liberté sexuelle des personnages me semble également relever des caractéristiques que les stéréotypes attribuent aux hommes homosexuels. Clairement, pour un éveil des consciences au problème du sida, 120 battements par minute est nettement plus percutant car il traite le sujet de façon plus complète avec des profils variés. Quant à la « normalisation » de la représentation des romances gay, les jeunes seront sans doute plus touchés par un Love, Simon (à découvrir le 27 juin).

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