« Ôtez-moi d’un doute » : un père peut en cacher un autre

affiche-film-otez-moi-dun-douteErwan, démineur breton, passe des tests génétiques pour vérifier que sa fille, enceinte, ne risque pas de transmettre des anomalies au bébé. Il découvre ainsi que son père, Bastien, n’est pas son géniteur…

Moi qui n’aime pas voir les bandes-annonces pour préserver au maximum la découverte d’un film, il m’arrive de me laisser convaincre par celles que je suis contrainte de voir dans les salles obscures. C’est exactement ce qui s’est passé pour Ôtez-moi d’un doute. Ni le nom de la réalisatrice Carine Tardieu, qui m’était inconnue, ni le casting (même si j’aime bien Cécile de France), ni le sujet n’auraient suffi à me donner envie de voir ce long-métrage franco-belge si je n’avais pas apprécié sa bande-annonce plutôt amusante.

Je m’étais donc promis de rattraper ce film, encouragée par des avis positifs, et c’est ce que j’ai fait un soir où j’avais envie d’une distraction plutôt joyeuse et pas trop compliquée.

Au début j’ai été assez satisfaite dans mes attentes, le tandem père-fille François Damiens-Alice de Lencquesaing étant amusant à suivre. S’ensuit l’histoire des deux pères, et déjà, le film commence à montrer des signes de fantaisie avec la vraisemblance. Difficile de croire qu’Erwan retrouve aussi vite son géniteur, si près de chez lui, et qu’à l’inverse il ne l’ait jamais croisé plus tôt. Étonnant aussi qu’il n’ait pas l’idée de réaliser un test ADN avec Joseph (André Wiims). Encore plus surprenant : alors que tout avait mal démarré, les deux hommes sont très vite à tu et à toi comme s’ils avaient vécu toute une vie ensemble.

Arrive par là-dessus l’intrigue avec Anna, qui démarre de façon rocambolesque et met Erwan dans une situation délicate lorsqu’il comprend que la femme qui lui plaît pourrait bien n’être autre que sa demi-sœur.

J’aurais suivi tout ceci sans réel déplaisir, n’eut été un arc narratif qui m’a passablement gênée autour du personnage de Didier. Alors qu’on ne comprend pas au début les raisons de la présence dans l’entreprise d’Erwan de ce « boulet » (il cause tellement d’embarras et de catastrophes que je ne vois pas d’autre mot), il finit par avoir une justification qui m’a personnellement mise assez mal à l’aise. J’ai trouvé ce personnage de benêt assez malaisant : est-il atteint d’un handicap ? dans ce car le traitement qui en est fait est très stigmatisant ; est-il juste un peu déconnecté ? dans ce cas Estéban surjoue. Bref, j’ai été vraiment dérangée par ce personnage qui dénote dans l’ambiance globale du film.

En effet l’intrigue n’est finalement pas si légère, en dépit de la possibilité de romance entre Erwan et Anna. Cette histoire de paternité(s) (d’ailleurs j’ai rarement vu une œuvre évacuant autant les figures maternelles, c’en est étonnant) pourrait même virer au tragique. Heureusement, les rebondissements du dernier quart d’heure apportent un sursaut d’énergie bienvenu. Mais dans l’ensemble, le film m’a paru assez moyen, en tout cas clairement en-dessous de ce que les avis positifs laissaient attendre.

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