Étiquettes

,

affiche-film-unaUna recherche Ray, ancien voisin et ami de son défunt père, qu’elle n’a pas revu depuis ses 13 ans et avec lequel elle avait eu une relation secrète…

Movie challenge 2018 : un film dont le titre contient un numéro

J’avais repéré dans la filmographie de Rooney Mara ce long-métrage qui n’est pas sorti en salles en France, et je l’avais directement associé à cette catégorie du Movie challenge, avant de découvrir en visionnant le film qu’ « Una » est en fait le prénom de la jeune femme. Cependant il me semble que le choix de ce nom est totalement symbolique et renvoie bien au chiffre une, car c’est toute la problématique de la confrontation entre Una et Ray, devenu Peter.

Trigger warning : le film aborde un sujet extrêmement risqué, puisqu’on comprend rapidement que Ray a entretenu une liaison avec Una alors que celle-ci avait 13 ans. On est donc dans le cadre d’abus sexuel sur mineure, qui a d’ailleurs été jugé comme tel et valu à l’homme quelques années de prison.

On pourrait donc légitimement penser que, si Una veut retrouver Ray, c’est pour le confronter en tant qu’agresseur et lui demander des comptes pour avoir abusé de son innocence.

Or, à travers l’alternance de la conversation tendue entre les deux personnages adultes, et de leurs souvenirs mettant en scène des versions plus jeunes d’eux-mêmes, ce n’est pas vraiment le prisme que choisit le film. Certes, Una aborde la question de la relation sexuelle qu’ils ont eu d’abord en termes d’abus, allant jusqu’à sous-entendre que Pete serait un pédophile. Mais l’homme s’en défend, arguant qu’elle a été la seule fille de cet âge qu’il ait pu désirer.

J’ai trouvé l’évolution assez prévisible vers ce nouveau prisme de lecture de leur relation, car dès le début, j’avais bien senti que ce que Una reprochait à Ray, c’était moins leur relation que la fin de celle-ci. Au fond, ce que veut savoir la jeune femme, c’est pourquoi l’homme a disparu brusquement de sa vie, alors qu’ils projetaient de s’enfuir ensemble. C’est comme si l’adolescente éprise de son voisin n’avait jamais fait le deuil de cette relation répréhensible. Si elle veut être certaine qu’elle a bien été la seule, l’unique, ce n’est pas pour éviter à d’autres jeunes filles cette situation mais davantage par jalousie, semble-t-il.

Si Rooney Mara et Ben Mendelsohn livrent des prestations investies, cela ne m’a pas suffi pour adhérer au film. Je n’avais a priori rien contre ce sujet assez glauque, mais le huis clos dans les bureaux de Peter a fini par me lasser, au point d’avoir un peu piqué du nez, à mesure que le film devenait prévisible.

Ce que j’ai préféré, ce sont finalement les passages relatifs aux souvenirs avec l’énigmatique et lumineuse Ruby Stokes (Una adolescente).

logo-movie-challenge-nblc

Publicités