« Merci patron ! » : à malin, malin et demi

affiche-film-merci-patronFrançois Ruffin se présente comme un fan de Bernard Arnault à tout un tas de personnes qui ne sont pas de son avis : anciens employés de la Samaritaine, déléguée syndicale, chômeurs autrefois employés par une usine délocalisée… 

Movie challenge 2018 : un documentaire

Après Where to invade next, l’an dernier, j’ai choisi de persister dans la veine du documentaire sociologique en allant chercher encore plus engagé. C’est le poisson d’avril de François Ruffin, qui a fait croire à une journaliste qu’il comptait démissionner de son rôle de député, qui m’a rappelé l’existence de son film, que j’avais projeté de voir depuis sa sortie.

Ni une ni deux, me voici devant Merci patron !, ne sachant pas trop à quoi m’attendre. En tout cas, je ne m’attendais clairement pas au ton humoristique du film ! Pendant tout le premier acte (le film est découpé en 5 actes et un épilogue), on assiste à la rencontre bourrée d’ironie de François Ruffin avec ses protagonistes : il se présente comme un fervent défenseur de Bernard Arnault, avec un tee-shirt à son effigie, n’hésitant pas à affirmer à une femme qui lui montre les usines fermées où elle a autrefois travaillé que, si elle avait l’occasion de discuter avec le grand patron, elle se rendrait sûrement compte de son humanité. C’est féroce et grinçant, mais après avoir fait le tour des mécontents, cela aurait pu devenir lassant pour le spectateur. D’autant que le film n’est cinématographiquement pas un chef d’œuvre, avec un côté proche de l’amateurisme dans la technique et les « costumes », mais l’ambiance « système D » fait aussi partie de son charme.

Heureusement, le journaliste rencontre la famille Klur, et c’est là que Merci patron ! décolle véritablement et devient le phénomène qui a remporté un César. Les parents Klur sont l’archétype des gens modestes, qui n’ont jamais roulé sur l’or mais ont travaillé sans rechigner toute leur vie pour devenir propriétaires et assurer le minimum à leur fils. Jusqu’au jour où Bernard Arnault ferme l’usine locale pour délocaliser. Dans une région sinistrée, impossible pour le couple de retrouver un emploi. Pourtant, le père est prêt à tout faire, même tailler les haies de Bernard Arnault ou nettoyer le crottin de ses chevaux (il est riche, il doit bien avoir des écuries, non ?). À deux doigts de perdre sa maison, le couple devient pour Ruffin une aubaine scénaristique en même temps qu’une cause à défendre. S’ensuivent alors tout un tas de péripéties dans l’objectif d’obtenir de LVMH un dédommagement financier et au moins un emploi en CDI pour les Klur.

Aidé par le groupe Fakir et l’antenne locale de la CGT, le journaliste-réalisateur prouve qu’il a de la ressource et qu’il est futé, déjouant les pièges et les précautions des membres de LVMH envoyés pour négocier avec les Klur, sous la menace d’une alerte aux grands médias. On se prend à suivre l’aventure avec engouement et à espérer une issue positive pour ces gens méritants qui seraient prêts à « tout brûler, comme dans La Petite maison dans la prairie » plutôt que d’accepter que leur maison soit vendue à d’autres. Grinçant, combattif et réjouissant, Merci patron ! prouve que la revanche des laissés-pour-compte est parfois possible, et rien que pour ça, il fallait le faire !

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