« Permission » : « tu peux tout essayer »

affiche-film-permissionAnna et Will se sont rencontrés très jeunes. Alors que Will s’apprête à demander la main d’Anna pour les 30 ans de sa belle, Reece, leur beau-frère, suggère qu’ils devraient expérimenter d’autres partenaires sexuels avant de s’engager…

Ce n’est pas le résumé de ce film qui m’a poussé à le voir, car je craignais d’emblée quelque chose de trop mièvre, dans le genre des comédies romantiques qui m’agacent (qui a dit N’oublie jamais ?) ou une sorte de copie du récent Newness, qui m’a laissée sceptique.

Ce qui m’a décidée à regarder le film de Brian Crano (dont je n’avais jamais entendu parler) c’est le tandem Rebecca Hall (qui irradiait de sa subtilité Vicky Cristina Barcelona et qu’on retrouvera dans A Rainy Day in New-York) et Dan Stevens (Sense and sensibility, Summer in february, La Belle et la Bête), qui sur le papier promettait quelque chose de fin et élégant.

On n’est clairement pas face à un chef d’œuvre du septième art avec ce film sorti directement en VOD, qui n’évite pas certains clichés. Malheureusement, j’ai eu beaucoup de mal avec le couple Hale-Reece (David Joseph Craig et Morgan Spector) qui m’a été rapidement antipathique : l’un est obnubilé par son désir de paternité, l’autre tourne sa veste et n’a de cesse d’essayer de détourner Will du projet qu’il lui a lui-même mis en tête. Je me suis même demandé pendant une bonne partie du film pourquoi ces personnages secondaires avaient droit à leur propre arc narratif.

En revanche j’ai adhéré à l’histoire d’Anna et Will, et j’ai même trouvé ces deux trentenaires assez réalistes et touchants. Je me suis bien plus attachée à eux qu’aux personnages de Newness par exemple. Évidemment, dès le début, j’ai pensé que cette histoire de coucher avec d’autres était une très mauvaise idée pour leur couple. Et tandis que Will teste des fantasmes un peu étranges avec une femme plus âgée (Gina Gershon), Anna entame une liaison avec le sensible Dane (François Arnaud). Finalement, au-delà de cette thématique autour de la sexualité, ce qui m’a davantage intéressée est un aspect hélas trop peu creusé dans le film, celui des aspirations individuelles. Alors que Will semble bien installé dans son magasin de meubles, on sent qu’Anna délaisse sa thèse et que le fait de se remettre à jouer du piano réveille des possibilités évanouies.

Réservant son verdict jusqu’à la fin quant à l’avenir des couples du film, Permission ne va pas au bout de ses hypothèses mais réussit pourtant à émouvoir, et a le mérite de nous interroger sur la possibilité de concilier la vie de couple et de famille telle que la société l’encourage avec les aspirations individuelles propres à chaque personnalité. Et si finalement le secret du bonheur était de s’accomplir en solitaire ? Une thématique résolument contemporaine qui mériterait un film plus abouti.

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