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affiche-film-le-collier-rougeLe juge Lantier est chargé de juger l’unique prisonnier militaire d’un petit village. Peu coopératif, Jacques Morlac lui raconte tout de même sa guerre en compagnie de son chien fidèle…

 Movie challenge 2018 : un film adapté d’un livre que j’ai lu

J’avais adoré le roman de Jean-Christophe Rufin, lu cet hiver, et j’en attendais donc beaucoup de l’adaptation de Jean Becker, tout en pensant que j’allais forcément être déçue. Les premières critiques n’ont pas été tendre avec le film, lui reprochant de partir dans tous les sens ou de manquer de souffle romanesque.

Je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre en m’installant dans mon fauteuil (d’autant plus confortable que gratuit, merci la place gratuite d’anniversaire avec la carte de fidélité Gaumont !).

Dès les premières images, j’ai été frappée par l’extrême fidélité du film au récit de Jean-Christophe Rufin. On s’y croirait, on y est, quasiment au mot près. Avant même de voir le film, le choix des acteurs me semblait tout à fait judicieux, mais à l’écran, ils sont encore plus criants de vérité. François Cluzet campe un militaire sur le retour animé de valeurs morales fortes et d’une infinie humanité qui transparaît dans son acharnement à vouloir sauver le prisonnier ainsi que dans sa bienveillance à l’égard du chien. J’ai aimé aussi le soupçon d’humour qu’il apporte à son personnage, notamment lors des conversations avec l’avoué, un personnage qu’on dirait sorti d’une nouvelle de Maupassant. Face à lui, Nicolas Duvauchelle n’a jamais été aussi pertinent. Moi qui ne suis pas une grande fan de cet acteur habituellement (enfin surtout de ses choix de rôles, je pense notamment au pénible Je ne suis pas un salaud), j’ai trouvé qu’il était vraiment parfait en Morlac. Il a l’air buté et orgueilleux de ce paysan éduqué à la politique par les lectures fournies par sa douce. Il ne faudrait pas risquer d’oublier l’excellente Sophie Verbeeck, que j’avais découverte dans À trois on y va, mon coup de cœur de 2015. C’est elle, sans doute, qui apporte le plus à son personnage. À la lecture, je n’avais pas complètement saisi la portée de Valentine, ce si beau personnage de femme forte, cultivée, passionnée, qui dans un monde dominé par les hommes, ne craint pas de vivre seule, de brandir son credo « Ni Dieu ni maître », de tenir à distance les hommes et de se jeter sur celui qui lui plaît. Ce personnage plein de fougue et de courage m’a beaucoup touché.

Jusqu’à une petite entorse lors de la scène finale, le film de Jean Becker est d’une fidélité irréprochable au roman qu’il adapte, et cela m’a conquise. Il faut beaucoup d’humilité pour respecter à ce point une œuvre, me semble-t-il, et celles et ceux qui reprocheraient au film sa construction n’ont vraisemblablement pas lu le récit, construit entièrement par alternances de huis-clos et flashbacks. Certes, ce n’est pas un cinéma follement novateur ni démonstratif (même si les scènes de guerre m’ont parue tout à fait convenable, meilleures que celles de Nos Années folles par exemple). Mais c’est un film honnête, sincère, lumineux, simple à l’image des personnages qu’il met en scène. Un film qui a de la fidélité et du cœur, à l’image du chien de Morlac. J’ai rarement trouvé une adaptation aussi digne du livre dont elle est tirée.

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