Étiquettes

,

comme-les-autresEmmanuel, pédiatre, est heureux en couple avec Philippe, jusqu’à ce que son désir d’enfant ne les sépare. Après l’échec de sa demande d’adoption, Emmanuel cherche une femme qui accepterait de porter son enfant…

Movie challenge 2018 : un film qui m’a mise en colère

Honnêtement je voyais vaguement de quoi parlait le film de Vincent Garenq depuis sa sortie, mais je n’avais jamais envisagé de le visionner. Je craignais une histoire un peu trop cliché étant donné la délicatesse du sujet traité.

Et puis on me l’a conseillé assez vivement pour que je me décide pour le replay proposé par arte. Ça partait plutôt bien, car Manu et Philippe sont présentés comme un couple normal, qui finalement se sépare, comme beaucoup de gens, à cause d’un désaccord fondamental sur la volonté de fonder une famille. Alors qu’Emmanuel (Lambert Wilson) ne rêve que de cela, Philippe (Pascal Elbé) aime sa vie faite de sorties, d’indépendance et de moments à deux. Soit.

C’est ensuite que les choses se sont gâtées et que j’ai eu plusieurs raisons de m’énerver devant mon écran. Prenons-les une par une. D’abord il y a l’énervement volontairement généré par le film, au moment où l’on voit la procédure d’adoption lancée par Manu être interrompue au seul motif de son homosexualité. Alors même que son amie Cathy n’aura aucun souci à adopter (et pourtant on pourrait douter de son équilibre mental). Jusque-là tout va bien, le film nous montre à quel point cette discrimination est injuste et complique la vie d’un homme qui nous est présenté comme père idéal.

Sauf que. S’il y a bien un point sur lequel Emmanuel est effectivement « comme les autres », c’est dans l’obsession que représente chez lui le désir d’enfant, au point de le rendre totalement égoïste. C’est un trait qu’on retrouvera d’ailleurs chez Cathy à la fin du film, puisque celle-ci devient hystérique et se met à balancer des insultes homophobes à son ami depuis 15 ans… parce qu’elle est frustrée de ne pas avoir d’enfant. Et là on sent s’approcher une cause d’agacement différente, car je ne suis pas bien sûr que cela soit très cohérent dans le caractère du personnage.

Bref, Manu est prêt à tout pour devenir père, le film nous le rabâche jusqu’à l’écœurement. Et écœurée, je l’ai été pour le seul personnage vraiment attachant du film, la jeune Fina (Pilar López de Ayala). On peut trouver assez drôle le moment où Manu lui demande de but en blanc de l’épouser (pour obtenir des papiers) et de lui faire un enfant, traité sur le mode comique. Mais dès lors que les deux personnages deviennent amis, il est évident que la relation est déséquilibrée. Fina est prête à se donner corps et âme, émue par son hôte, et de plus en plus clairement amoureuse de lui. Mais jamais Manu ne s’intéresse un tant soit peu à ce qu’elle peut ressentir, à l’avenir qui se dessine pour elle, à sa place entre lui, l’enfant, et son ex qu’il n’a jamais oublié.

Et on en arrive à ce qui m’a le plus révoltée dans ce film. Parce que ce n’est pas qu’on passe un mauvais moment. Le rythme est soutenu, les péripéties nombreuses (trop pour être réaliste, mais passons, admettons que cela serve l’aspect comédie), certaines répliques bien placées. Disons qu’on est dans l’ambiance d’un agréable téléfilm de service public, grosso modo. Mais tout de même. Il y a CETTE scène, que j’ai vue arriver de loin, en me disant « quand même pas ». Et si (SPOILER ALERT).

Tout à sa joie d’être bientôt père, mélangeant, dit-il, affection et reconnaissance, Manu finit par coucher avec Fina. Et il faut voir comme il en parle à Cathy, sourire aux lèvres, et que c’était si bien, et qu’elle lui plaît même physiquement, etc. C’est donc en toute cohérence qu’il va ensuite revoir Philippe et déclarer à Fina qu’elle est bien gentille mais que ça ne peut pas recommencer, parce que quand même, il est homo.

Justement. Est-ce qu’on pourrait avoir au moins UNE fiction mettant en scène des personnages gays sans que l’un d’eux finisse par coucher avec une fille ? Je m’interroge : est-ce que tous les personnages hétérosexuels finissent par essayer avec un homme ? Non. Alors pourquoi l’inverse ? Cette scène m’a prodigieusement énervée parce qu’elle répond à un cliché que j’ai pu observer maintes fois dans les films et séries et qui me paraît à la fois irrespectueux et peu représentatif. Et en plus au niveau cohérence du personnage, on repassera.

logo-movie-challenge-nblc

 

Publicités