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affiche-film-razzia1982Abdellah enseigne aux enfants des montagnes, jusqu’à ce qu’un inspecteur de l’État ne lui interdise de leur parler berbère, la seule langue qu’ils connaissent. 2015. Salima souhaite être une femme indépendante, pendant que Joe reprend le restaurant de son vieux père…

Movie challenge 2018 : un film engagé

Je n’avais pas vu Much Loved, même si j’en avais entendu parler, et je ne serais probablement pas allée vers Razzia spontanément, parmi toutes les sorties du moment. C’est là que pour une fois, moi qui préfère en savoir le moins possible sur un film avant de le découvrir, j’étais bien contente de voir la bande-annonce de celui-ci au cinéma.

J’ai eu envie de découvrir ces destins croisés au cœur de Casablanca car j’ai saisi le potentiel à la fois émotionnel et social du film. J’aime toujours beaucoup le cinéma engagé, et c’est ce que j’attendais en allant voir le film de Nabil Ayouch.

Social, le film l’est certainement, car il choisit soigneusement les personnages que l’on suit afin de nous confronter à des problématiques importantes du Maroc contemporain. Salima, Joe, Inès, Hakim, chacun à sa manière appartient à une minorité et doit lutter pour ses droits et sa liberté. Pour donner de la profondeur à son propos, le cinéaste s’appuie également sur l’histoire d’Abdellah (Amine Ennaji, remarquable), un instituteur passionné par la transmission des connaissances. Celui-ci enseigne à des élèves berbères dans les montagnes, jusqu’à ce qu’un inspecteur vienne l’obliger à faire cours en arabe, une langue que les petits élèves rabâchent sans la comprendre. D’un point de vue personnel, le parcours de ce professeur empêché de faire comprendre le monde à ses élèves m’a pas mal touchée, car l’éducation est un thème qui m’est cher.

Certes, le rapport entre les différents personnages est un peu tiré par les cheveux, au point que je me suis demandée par moments où le réalisateur voulait en venir. Et malgré la flambée de violence finale, mettant en scène des émeutes de 2015 dont je n’avais même pas entendu parler à l’époque, le film ne choisit pas une direction tranchée, puisque chacun des 5 personnages poursuit sa propre trajectoire. On pourrait y voir quelque chose de brouillon ou d’indécis, de même qu’on pourrait vouloir en savoir plus sur ce qu’il adviendra d’eux par la suite. Cependant cette formule permet d’aborder des thèmes aussi divers que le sexisme, les minorités religieuses, la découverte de la sexualité, l’homosexualité, la volonté de changer de vie et de fuir son milieu social… Tous ont en commun un désir de liberté et de vie qui s’exprime lorsque Salima (Maryam Touzani) danse au milieu des femmes, enfin libérée du regard désapprobateur de son époux. Parfois, la conquête de la liberté se fait de manière plutôt douce, parfois en catimini, parfois dans la violence. Quoi qu’il en soit, l’état des lieux que dresse Nabil Ayouch sur le pays de ses origines paternelles est loin d’être rassurant et prouve que le chemin vers la liberté et l’acceptation de tous est encore long.

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