#PMR18 « Pékin Pirate »

couverture-livre-pekin-pirateDunHuang, incarcéré pour avoir vendu des faux papiers, sort de prison et retourne à Pékin sans un sou en poche. Il rencontre la jolie Xia et s’associe à elle pour vendre des DVD piratés devant les universités…

J’avoue très mal connaître la littérature asiatique, et ne m’y être jamais intéressée spontanément. Alors forcément, ce roman de Xu Zechen était une vraie surprise parmi la sélection du Prix du Meilleur Roman Points 2018. Mais après tout, n’était-ce pas pour sortir des sentiers battus de mes lectures que j’avais accepté ce rôle de jurée ?

Étonnamment, je n’ai eu aucun mal à rentrer dans l’histoire de ce jeune homme sans le sou qui choisit la voie de la clandestinité pour s’établir à Pékin. Peu à peu on apprend quelques bribes sur son parcours, mais finalement j’ai regretté que le passé du personnage ne soit pas plus creusé. On sent que DunHuang est intelligent, qu’il aurait bien aimé poursuivre des études, qu’il aime lire et se passionne de plus en plus pour le cinéma. Pourtant, à aucun moment il ne semble envisager de reprendre un cursus, ou d’essayer de trouver un emploi légal et respectable. C’est comme si sa pauvreté le condamnait à une existence illégale, ce que j’ai trouvé un peu facile et cliché.

Pour autant le personnage n’est pas déplaisant, on suit ses péripéties le sourire aux lèvres, pas vraiment avec empathie, plutôt avec un détachement amusé. Autour de lui, chacun des personnages secondaires tient son rôle : Xia incarne le tiraillement entre la grande ville et la volonté d’un retour au calme au pays, Kuang l’ambition, BaoDing la conscience de DunHuang qui s’en veut d’avoir laissé son collègue s’accuser, et QiBao la liberté sexuelle (qui cache une autre forme d’aliénation).

Chronique sociologique haute en couleur, Pékin Pirate se lit facilement et aisément, mais pourtant je n’ai pas été complètement conquise. Cette lecture m’a rappelé Dix yuans un kilo de concombres, qui m’avait également laissée un peu sceptique et extérieure au récit. Je pense que j’ai du mal avec cette forme de réserve dans l’écriture qui m’empêche de sympathiser vraiment avec les personnages. Le récit manque d’émotions à mon goût, celles-ci sont à peine devinées mais jamais exprimées, et il me manque quelque chose pour adhérer tout à fait.

De plus, la fin m’a paru assez brouillonne et vite expédiée, renvoyant chaque personnage à sa condition, et faisant de DunHuang une sorte de gentil dindon de la farce. Une lecture détente et sociologique mais pas prenante.

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2 commentaires sur “#PMR18 « Pékin Pirate »

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  1. Le « détachement amusé » est une très belle manière de décrire un style qui se retrouve souvent en litté chinoise/japonaise 🙂
    C’est sûr qu’on aime ou qu’on aime pas, pour ma part cette approche marche bien avec moi. Je me le note merci !

    1. Merci ! J’ai une tendance trop fusionnelle avec les persos de fiction pour adhérer totalement mais dans le genre, ce livre est pas mal !

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