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affiche-film-ferdinandFerdinand vit dans un élevage de taureaux de corridas avec ses futurs concurrents. Lorsque son père est envoyé à la corrida et ne revient pas, Ferdinand, qui déteste combattre, s’enfuit de l’élevage…

Movie challenge 2018 : un film d’animation 

C’est grâce à mon amie Aude C. que j’ai entendu parler de ce film bien avant sa sortie ciné. Moi qui aime beaucoup l’animation en général, j’étais d’autant plus tentée en sachant que derrière ce film se cachent les studios BlueSky (auxquels nous devons L’Âge de glace). Surtout, proposer comme héros pour les enfants un taureau destiné à la corrida me semblait un pari audacieux et il me tardait de découvrir si ce défi était relevé haut la main ou si le film se plantait.

Pas facile d’aborder un sujet d’une telle violence au cinéma, et là-dessus je trouve que le film remplit assez bien son job. La réalité de la corrida n’est pas éludée : on assiste à un combat, on peut observer les armes des toreros, l’épée du matador semble bien menaçante de même que les banderilles. On comprend clairement que les taureaux envoyés au combat sont destinés à la mort et on ne nous épargne pas l’abattoir qui attend les plus faibles. De ce point de vue, le film est honnête, même s’il cible clairement le jeune public.

Par ailleurs, le thème étant très polémique, je craignais quelques faiblesses de scénario pour ne pas prendre clairement parti. Même si le film aurait pu aller encore plus loin dans sa dénonciation, la corrida apparaît bien comme une pratique barbare et le message pacifique est présent. Pour autant le film ne se mouille pas jusqu’au bout et choisit une résolution « individuelle » du problème, là où on aurait pu espérer une prise de position plus « politique ». Encore une fois, en tenant compte de l’âge du public cible, cela peut se comprendre.

D’un point de vue de pur divertissement, Ferdinand fait le job avec sa galerie de personnages assez classiques : le héros sympathique car différent de ce qu’on attend de lui, le « méchant » rival, les adjuvants humains et animaux, en particulier la chèvre, très amusante, et les petits rongeurs. On n’a pas le temps de s’ennuyer même s’il n’y a guère de grosses surprises à l’horizon. C’est surtout l’aspect comique qui m’a plu en réalité, avec notamment la scène du combat de danse contre les chevaux, même si j’aurais aimé qu’elle soit plus poussée. Dans l’ensemble il m’a manqué un brin de folie ou de magie pour totalement adhérer au film. Peut-être finalement que c’est l’aspect musical des productions Disney que j’attendais ? Pas facile non plus de passer après le sublime Coco… 

Surtout, il me semble qu’il y a un peu trop de bons sentiments dans la fin du film, et ce aux dépens d’une quelconque recherche de réalisme. J’aurais préféré que Carlos Saldanha et son équipe s’attellent à trouver une résolution plus fine, car cette fin facile qui ne pourrait aucunement s’appliquer dans la réalité donnera un excellent arguments aux aficionados pour démonter le film, et c’est dommage. Je salue donc davantage l’audace du choix du sujet que le message assez lisse qui en ressort. Mais je n’ai pas passé un mauvais moment en compagnie de Ferdinand.

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