« L’avenir » appartient à ceux qui philosophent

affiche-film-l-avenirNathalie enseigne la philosophie en lycée, comme son mari. Elle s’occupe également d’une collection d’essais, parmi lesquels les textes de son ancien élève Fabien. Et puis elle gère sa mère qui l’appelle en pleine nuit pour des crises d’angoisse… 

Je voulais voir depuis longtemps le film de Mia Hansen-Løve, malgré un sentiment un peu mitigé suite au visionnage d’Un amour de jeunesse. Moi qui ai failli m’engager dans la voie de l’enseignement de la philosophie, suivre la vie d’une prof de philo me semblait particulièrement intéressant.

Je dois dire que je suis également mitigée sur ce long-métrage. Rien que la première scène, qui montre Nathalie (Isabelle Huppert) allant visiter la tombe de Châteaubriant avec son mari et ses enfants, m’a paru totalement incongrue dans l’économie de l’histoire. Pourquoi nous présenter cette scène qui se déroule une dizaine d’années avant le reste du film ? Je n’ai pas compris le but.

Et c’est globalement l’effet que m’aura fait ce film, celui d’une incompréhension vis-à-vis de ce à quoi j’assistais. Je ne comprends pas bien où la réalisatrice a voulu en venir. S’il s’agissait d’une simple chronique de la vie d’une femme qui vieillit, j’aime autant la version grinçante proposée dans Jalouse, qui a le mérite de faire réagir le spectateur. Si l’on est censé y voir une réflexion philosophique, alors le film ne va pas assez loin à mes yeux.

C’est dommage car il y avait pourtant des éléments à garder dans ce film, en particulier les dialogues, finement écrits, et le jeu des acteurs, subtil et investi. J’ai beaucoup apprécié la prestation d’Isabelle Huppert, rafraîchissante lorsqu’elle sort de la mesure pour un « coucou » ou un « putain » décalé. Durant tout le film j’ai eu l’impression que sa façon d’affirmer qu’elle supporte les drames qui la touchent, et qu’elle est heureuse d’être libre, n’étaient qu’une façade ou du moins une posture philosophique qui ne prend pas en compte ses ressentis. Mais rien dans le film ne vient révéler cette fêlure qu’on devine au grand jour, et alors quel intérêt à nous la laisser deviner ?

J’ai également beaucoup aimé le personnage d’Edith Scob, et je retiens en particulier la scène où elle observe Sarkozy dans un débat télévisé, que j’ai trouvée très drôle. On en aurait voulu davantage de ce genre dans un film qu’on pourrait accuser d’un peu trop de sérieux.

Finalement j’ai été plutôt déçue par les personnages masculins. Le mari de Nathalie m’a semblé assurément antipathique, et Fabien n’est en définitive qu’un second rôle assez convenu, bien loin de la place qu’on aurait pu espérer le voir prendre au début du film.

Je reste donc sur ma fin avec ce film qui ne va pas au bout de ses possibilités et nous laisse dans l’attente qu’il se passe véritablement quelque chose, ce qui n’arrivera pas, ou du moins pas dans le traitement des événements, car les bouleversements majeurs de la vie de Nathalie apparaissent comme anecdotiques, à la fois dans leur traitement par petites scènes hachées et en raison du détachement apparent que professe l’enseignante.

Le spectateur, lui aussi, finit par se sentir bien détaché de cette histoire, et je ne pense pas que c’était l’objectif…

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3 commentaires sur “« L’avenir » appartient à ceux qui philosophent

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