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affiche-film-chevalierLorsque Sir Hector décède entre deux manches d’une joute, l’un de ses écuyers, William, décide de prendre sa place même si sa naissance roturière le lui interdit officiellement. Accompagné de ses acolytes Wat et Roland, et de l’écrivain Chaucer, il s’invente des lettres de noblesse…

Movie challenge 2017 : un film qui a marqué mon adolescence

L’année dernière, j’avais déjà évoqué dans la catégorie « Un film avec un acteur que j’adore » mes souvenirs cinématographiques d’adolescence, et j’avais promis que cette saison du Movie challenge serait l’occasion de vous parler de mon film d’ado favori.

J’ai donc pris mon courage à deux mains pour revisionner Chevalier. Je n’avais pas revu ce film depuis le décès de son acteur principal, Heath Ledger, en 2008. Je craignais d’une part d’être submergée par l’émotion, d’autre part que, 10 ans après, le film de mon adolescence me semble cruellement dépassé.

Finalement, le film de Brian Helgeland n’a pas si mal vieilli. Certes, ce n’est pas du grand cinéma, mais une histoire pleine de bons sentiments digne d’un téléfilm de Noël. Cependant j’y ai retrouvé tout ce que j’avais adoré plus jeune : l’humour des dialogues et en particulier le trio d’acolytes de William, avec la figure complètement perchée d’un Geoffrey Chaucer fantasmé (Paul Bettan, cabotin à souhait) ; le suspens des joutes, la romance avec la belle Jocelyne (Shannyn Sossamon) et la rivalité entre le roturier William et le noble Adhémar (Rufus Sewell, le spécialiste des rôles de méchants).

Et puis ce qui m’a toujours particulièrement plu dans ce film, c’est le traitement iconoclaste du Moyen Âge : le scénario n’hésite pas à se moquer du clergé, à introduire des valeurs de mérite et d’égalité des chances qui n’existaient pas à cette époque très hiérarchisée, voire de féminisme avec le personnage de la forgeronne Kate (Laura Fraser). Cette modernité des valeurs rejoint un anachronisme assumé de la bande-son, des costumes et même de la danse lors de la mythique scène du bal. Dès la scène d’ouverture, qui voit les spectateurs d’un tournoi entonner « We will rock you », le ton est donné. Ce parti-pris rafraîchissant m’a toujours enthousiasmée, et je pense que c’est aussi ce qui permet au film d’avoir traversé les années sans prendre de rides.

Et puis il y a ce beau personnage de William, jeune héros qui décide de bouleverser les conventions et braver tous les risques pour prouver la noblesse de son caractère et s’adonner à sa passion des tournois. Ce n’est pas follement original, et par ailleurs le personnage souffre de crises de mièvreries dès qu’il se trouve en présence de sa dulcinée, mais l’ensemble réussit toujours à me toucher… et à me divertir. J’ai redécouvert la relation de William avec son père, et de façon surprenante, c’est ce personnage qui m’a fait verser une larme. Le couvreur élève son fils dans l’idée qu’un homme peut toujours choisir son destin, quelle que soit son extraction, et il le place tout jeune comme page auprès d’un chevalier pour lui donner une chance de réaliser son rêve, quitte à se priver de sa présence pendant des années. Cette figure sacrificiel de père prêt à tout pour que son fils puisse s’accomplir est sans doute le plus beau personnage du film.

Je n’ai aucunement regretté de m’être replongée dans ce film 10 ans après, car j’y ai retrouvé sans en rougir ce qui m’avait enthousiasmée à l’époque. Et j’ai envie de remercier Brian Helgeland de nous avoir offert le destin du fougueux et lumineux William Thatcher. Car même disparus, à travers leurs rôles marquants, les acteurs sont éternels.

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