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affiche-film-smashedKate et Charlie vivent des soirées de débauche et d’ivresse dans la bonne humeur. Mais le jour où Kate vomit devant ses élèves et prétend être enceinte, elle sent que sa vie lui échappe…

Movie challenge 2017 : un film qui n’est pas sorti en salles en France

Lorsque j’ai publié ma chronique sur The Spectacular Now, s’en est suivi une grande conversation avec ma copinaute Tina au sujet des films de James Ponsoldt. Quelques mois plus tard, lors de notre swap d’anniversaire, elle m’offrait le DVD de Smashed, qui me faisait envie depuis qu’elle m’en avait parlé.

J’ai tardé à le voir, comme pour me délecter à l’avance d’un long-métrage qui avait toutes les chances de me plaire : un sujet dur, un réalisateur subtil amateur de personnages attachants, un casting soigné et la mention « comédie dramatique réaliste, sensible et émouvante » sur la jaquette. Que demander de plus ?

C’est un visionnage qui aurait pu être sans surprise car le film tient bien ses promesses. Un couple de jeunes aussi irresponsables que touchants, passablement éméchés dès la première scène, et que l’on observe se débattre au fil du film. Un sujet à la fois banal et terrible, l’alcoolisme, qui tient une place centrale dans la filmographie de Ponsoldt puisqu’il est déjà au cœur de son premier film Off the Black et qu’on le retrouve chez le personnage de Sutter dans The Spectacular Now (j’en profite pour rappeler que j’aime énormément ce film !).

Honnêtement j’ai trouvé dans ce long-métrage tout ce que j’en attendais : de la douleur mais aussi une certaine douceur (particulièrement incarnée par l’excellente Octavia Spencer), une forme d’optimisme, des premiers rôles excellents, et un vrai sujet dans lequel le film ose plonger pour de bon. Côté casting, Aaron Paul est assez fidèle à l’esprit de Jesse Pinkman en Charlie, un jeune homme qui vit de l’argent de ses parents et de quelques piges sur d’obscurs concerts, qui passe son temps à boire avec sa femme et ses potes et a l’ivresse plutôt joyeuse, il faut l’avouer. Tout se gâte pour lui lorsque son épouse Kate (Mary Elizabeth Winstead) décide d’arrêter de boire et se rend aux réunions des Alcooliques Anonymes, poussée par un collègue. Je découvrais cette actrice et je dois dire que grâce à sa performance le film m’a apporté plus que ce que j’en attendais. Kate est un très beau personnage contemporain de jeune femme aux prises avec ses démons, ses histoires de famille, son couple d’adolescents attardés et la difficulté à confronter ce passé aux responsabilités d’une vie d’adulte, incarnée par son job d’institutrice. Mary Elizabeth Winstead est capable en un instant de passer du dynamisme à l’abattement, de la douceur qu’elle dégage sobre à l’hystérie que lui confère l’alcool, de l’indécence à la probité. Elle en éclipse la plupart de ses partenaires à l’écran, qui n’existent vraiment que dans leurs rapports avec elle (en particulier Charlie, auquel la scène finale donne fort heureusement l’opportunité de se révéler et d’émouvoir les spectateurs).

Encore un film de James Ponsoldt qui ne m’a pas laissée indifférente et que je recommande très chaudement… en particulier si vous vous interrogez sur votre rapport à l’alcool !

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