couverture-livre-feminineEmma Linarès est insatisfaite de son quotidien et décide de s’engager dans l’armée pour vivre l’aventure. Mais quelque chose cloche et la jeune femme se demande peu à peu si elle ne s’est pas trompée de voie…

On ne peut pas dire que le sujet de ce livre fasse vraiment partie de mes thèmes de prédilection, mais quand je l’ai gagné lors d’un pique-nique organisé par Babelio, j’ai été plutôt contente. En effet, connaissant une amie qui souhaitait s’engager, cela m’intéressait de lire un témoignage de la vie d’une femme dans l’armée. En réalité le livre est présenté comme un roman, mais sachant que son auteur a elle-même effectué plus d’un an sous les drapeaux, j’ai eu l’impression de lire une version romancée de son expérience plus qu’une œuvre de fiction.

Je ne sais pas à quoi je m’attendais en débutant ce livre mais j’ai été rapidement assez déçue par le récit. En fait, j’ai trouvé l’ensemble très répétitif, ce qui n’est pas très étonnant vu le sujet. Le quotidien des aspirants soldats est plus ou moins le même qu’il s’agisse de préparation militaire, de cursus à l’école de Saint Cyr ou bien du quotidien de la jeune lieutenant dans son régiment d’affectation. Toujours les mêmes épreuves physiques (de la course, de la marche, avec des gros sacs, dans des conditions difficiles, du tir, des mises en situation dans de faux villages ou de vrais marécages), les mêmes heures de théorie où des soldats expérimentés délivrent leur savoir sous forme d’interminables laïus, les mêmes rituels comme le déjeuner à l’ordonnance.

J’imagine que la façon de raconter ce quotidien redondant contribue à faire sentir au lecteur le décalage entre les rêves d’Emma, qui pensait aventure, voyage, adrénaline, et la réalité à laquelle elle se confronte : l’ennui, les taches abrutissantes, l’épuisement. Mais le lecteur aussi s’ennuie face à ces descriptions, en dépit de passages plus intéressants de réflexion sur les raisons qui poussent un homme (ou une femme !) à accepter de donner sa vie pour sa patrie, par exemple.

Dès le départ, on se doute de la façon dont cette expérience va se terminer. Si la « féminine » Linarès se demande à plusieurs reprises si elle sera à la hauteur de ce que l’institution attend d’elle, on a plutôt envie de lui crier, vu les taches qui lui sont attribuées et le portrait qu’elle fait de ses collègues masculins, qu’elle vaut mieux que cela. En tout cas on sent en elle des capacités de réflexion et des dispositions intellectuelles différentes des qualités requises pour être militaire.

Je reste donc sur ma faim avec ce livre qui ne m’a pas appris grand chose de l’institution que je ne sache déjà, qui narrativement ne m’a aucunement surprise, et qui n’a pas fait évoluer d’un pouce mes représentations sur le milieu militaire. Pour tout dire, je me suis même demandée si j’allais achever ma lecture…

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