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affiche-film-the-lobsterLorsque sa femme le quitte, David est conduit à l’Hôtel où sont envoyés tous les célibataires, une condition interdite dans sa ville. Il a 45 jours pour trouver une partenaire, sans quoi il sera changé en animal de son choix. Il opte pour le homard…

Movie challenge 2017 : un film avec une actrice que je déteste

Pour cette catégorie du Movie challenge, je suis allée piocher dans la filmographie de Léa Seydoux, une actrice que j’ai toujours trouvée totalement insupportable, à la fois dans ses films et dans ses déclarations. J’avais d’abord opté pour The Grand Budapest Hotel, mais comme elle n’y faisait qu’une très brève apparition, j’ai considéré que ce n’était pas du jeu.

Je me suis donc infligé le film de Yórgos Lánthimos, que je voulais voir depuis que j’étais tombée sur sa bande-annonce. À première vue, j’imaginais un film un peu glauque mais très drôle. Pour faire court, je m’étais trompée dans les proportions, c’est plutôt un peu drôle et très glauque.

Je ne peux donc pas dire que j’ai passé un bon moment en visionnant ce film, et pourtant loin de moi l’idée de le juger mauvais. Je comprends d’ailleurs tout à fait qu’il ait été récompensé du Prix du jury à Cannes en 2015.

Le postulat de cette dystopie est très intéressant et donne à réfléchir, comme c’est le propre du genre, à notre société. Et en cela je trouve le propos vraiment pertinent. En effet, David subit les événements plus qu’il ne les produit, et il se retrouve à vivre dans des communautés aux règles absurdes et malsaines. L’Hôtel est régi par tout un tas de lois cruelles, comme l’interdiction de se masturber (avec comme punition les doigts dans le grille-pain) ou l’obligation de chasser les Solitaires qui peuplent la forêt pour gagner des jours d’humanité supplémentaires. Tout est fait pour inciter les célibataires à se mettre en couple, dans un vrai phénomène de lavage de cerveau. Les gens en viennent à former un couple sur la base d’un point commun le plus souvent dérisoire (par exemple le fait de saigner du nez souvent).

Mais le film va plus loin en montrant ensuite le point de vue des Solitaires, chez qui il est, à l’inverse de l’Hôtel, interdit de tomber amoureux et d’avoir des relations sentimentales et sexuelles (sous peine de châtiments corporels atroces). Bien au delà de la maxime populaire « l’amour rend aveugle » qui a beaucoup été retenue pour analyser ce film, je pense qu’il s’agit d’une métaphore de la pression sociale et de ses ravages. David se sent obligé de se conformer aux injonctions, et, lorsqu’il décide de désobéir, il n’en a pas moins intégré à son insu une partie des codes qui lui ont été rabâchés, et en particulier la nécessité absolue d’avoir un point commun avec sa compagne… quitte à commettre un acte irréparable.

Bien interprété (Léa Seydoux joue un personnage distant et inexpressif, donc je dois dire qu’elle remplit assez bien sa fonction), le film de Yórgos Lánthimos réussit à mettre le spectateur très mal à l’aise, sans avoir besoin de montrer explicitement toutes les horreurs qu’il laisse deviner. Ça a le mérite d’être intellectuellement stimulant.

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