couverture-livre-kallioAdrien, jeune homme peu sûr de lui et renfermé, part pour un an d’études à Helsinki. Il y rencontre rapidement Tuomas, un étudiant finlandais solaire qui semble s’être mis en tête de devenir son ami…

Ce n’est jamais facile pour moi d’écrire une chronique à dominante négative, car je sais bien qu’un livre est toujours le fruit d’un travail et d’un investissement personnel. Je ne cache pas que ce roman m’a été envoyé par les éditions de la Rémanence, une maison que je ne connaissais pas avant qu’un partenariat avec eux ne me soit proposé. Comme j’aime beaucoup les petites maisons d’édition, je me suis laissée convaincre assez facilement de découvrir ce livre, dont le sujet m’intéressait au premier abord.

En effet je suis assez friande des œuvres sur le passage à l’âge adulte, même si c’est un thème très subtil et pas toujours traité avec la finesse nécessaire. Et je peux au moins reconnaître à Damien Alcantara la volonté de ne pas faire passer les jeunes gens du récit pour des imbéciles. Adrien, Tuomas et leurs pairs sont dépeints comme des gens raisonnables, sensibles et sympathiques.

Alors pourquoi ce livre m’a-t-il déçue ? À vrai dire, j’ai eu l’impression de lire une fan fiction comme j’en ai parcouru quelques-unes ado. À l’époque, je trouvais ces lectures faciles et juste divertissantes. Or j’attendais beaucoup plus d’un roman sur l’acceptation de l’homosexualité. C’est un vrai beau sujet, qui peut toucher beaucoup de lecteurs et qui mérite de donner naissance à des œuvres riches et profondes à mettre entre toutes les mains pour favoriser l’ouverture d’esprit.

Malheureusement Kallio n’atteint pas à mes yeux ces ambitions. L’histoire est simpliste et attendue, aucun rebondissement ne m’a étonnée. On retrouve toutes les étapes les plus stéréotypées qui viennent en tête dès qu’on parle d’homosexualité : les doutes sur ses préférences puis la révélation avec le coup de foudre, la découverte des rapports sexuels, la peur du regard des autres, le coming out, le rejet de certains proches, l’agression par un homophobe, etc. J’aurais bien aimé être un peu plus surprise au fil de la lecture. De plus, certains passages m’ont paru vraiment téléphonés : en quelques lignes, des scènes qui auraient pu être intéressantes sont évacuées. À l’inverse d’autres scènes semblent répétitives ou tombent à des moments inopportuns. Tout est « trop » dans ce texte : trop rapide, trop facile, trop évident, trop plein de bons sentiments, trop lisse à l’instar des deux personnages principaux qui manquent de corps et de personnalité.

Le style en lui-même est plutôt fluide et pourrait donner lieu à de belles choses avec un peu de retravail. Pour moi ce livre est vraiment un premier texte qui manque de maturité, de réflexion, d’approfondissement. J’aurais aimé que l’auteur et l’éditeur prennent le temps de le creuser et de le peaufiner car les bases étaient vraiment prometteuses : un thème captivant, un décor dépaysant, des personnages sympathiques… Allez, on oublie, et on espère que le prochain roman de cet auteur sera plus abouti !

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