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summerÀ dix-neuf ans, au cours d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer disparaît. Vingt-quatre ans plus tard, son frère Benjamin se met à rêver d’elle et cherche à comprendre ce qui s’est passé.

C’est avec le roman de Monica Sabolo que je clos le cycle de mes lectures de la rentrée littéraire, qui avait débuté cet été avec Parmi les miens et Pourquoi les oiseaux meurent. Et je dois dire que je trouve une certaine cohérence à mon cycle de lectures automnales de l’année.

En effet, les thématiques du roman de Monica Sabolo sont assez liées à celles de mes deux premières lectures de la rentrée : comme chez Victor Pouchet, le protagoniste est un homme mal dans sa peau qui ne parvient pas à mener une vie d’adulte épanoui, et comme chez Charlotte Pons, ce sont les secrets de famille qui hantent les personnages du récit.

On retrouve également dans Summer les obsessions de l’auteur pour l’adolescence, et en particulier la fascination des jeunes garçons pour les jeunes filles en fleur, la découverte de la sensualité, avec un aspect dangereux et tragique, comme dans Jungle et Crans-Montana.

Comme toujours, Monica Sabolo excelle à dépeindre cette période charnière de la vie dans laquelle elle semble s’être spécialisée, et on sent un côté poétique dans les descriptions des rêves de Benjamin qui ne transparaissait pas autant dans ses romans précédents.

On s’attache à cet homme paumé qui n’a jamais surmonté la disparition de sa sœur aînée adorée et qui, des années plus tard, semble se réveiller d’une longue hibernation pour réclamer des comptes et des réponses. Le récit est bien mené, cherchant à jouer avec les codes du roman noir pour entretenir une forme de suspens.

Cela dit, j’ai trouvé la résolution assez prévisible et les secrets de famille dévoilés plutôt communs. Ce que Benjamin refusait de voir était pourtant assez évident pour le lecteur, pour peu qu’il ait déjà croisé des personnages ressemblant à ceux-ci dans des romans, séries ou même sagas de l’été, car le décor du lac écrasé de soleil et côtoyé par des familles riches fait clairement penser à ce type de fiction.

J’avais trouvé Jungle et Crans-Montana un peu plus audacieux du point de vue de l’intrigue, mais je n’ai pas boudé mon plaisir avec Summer pour autant, même si j’en attendais sans doute une résolution plus originale. Sur le sujet de la disparition d’un proche, et de la difficulté à vivre avec l’absence, je recommanderai aussi le sublime roman d’Arnaud Dudek, Les Vérités provisoires.

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