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Accompagné de son cheval, le narrateur se lance dans une quête sans précédent sur les traces de l’enfance…

J’avais découvert la plume de Timothée de Fombelle, star du roman jeunesse français, en lisant plus ou moins par hasard Le Livre de Perle, qui avait su m’enchanter et m’émouvoir, moi qui ne suis pas friande de littérature jeunesse/YA.

Lorsque j’ai su qu’il s’apprêtait à publier son premier livre à destination des adultes, j’ai aussitôt voulu le découvrir. Je remercie donc les éditions L’Iconoclaste, mon tout nouveau partenaire, pour avoir accepté de me faire parvenir Neverland.

À vrai dire, si le récit n’est pas à destination des enfants, on retrouve pourtant bien les thèmes de prédilection de l’auteur jeunesse, qui se lance ici à la poursuite de l’enfance. Une enfance qui, métaphoriquement, constitue une sorte de pays caché, sous celui des adultes, ce qui ne manquera pas de rappeler le Pays imaginaire. L’auteur assume une forme de syndrome de Peter Pan, qui ne veut pas grandir, considérant nécessaire de ne pas rompre le lien avec son enfance mais plutôt de faire évoluer avec l’homme qu’il est devenu l’enfant qu’il a été. Or pour lui, conserver une part d’enfance c’est avant tout cultiver son imagination fertile et ne pas trop s’enfermer dans les limites du réel.

Il en résulte un texte qui tient plus du récit que du roman, dans sa forme, puisque l’on assiste essentiellement à la quête du narrateur, sans croiser tellement de personnages de fiction en chemin. En revanche, le style est toujours aussi beau, limpide et poétique, avec cette façon de ne voir les choses du quotidien que comme des miracles et des mystères. Se plongeant dans des souvenirs qui sonnent pour le lecteur comme une incursion en douceur du côté de l’autobiographie, Timothée de Fombelle parvient à merveille à retranscrire des atmosphères surannées, des objets fascinants, des personnalités attachantes, autant d’éléments qui reprennent vie sous sa plume. J’ai en particulier trouvé magnifiques les pages sur les grands-parents, leur maison où les enfants se réjouissaient de venir en vacances et tous les objets qu’on pouvait y trouver.

Sans tomber dans la béatitude qui consisterait à considérer l’enfance comme une période de pur bonheur, car l’auteur n’élude pas les souffrances de l’enfant, Timothée de Fombelle parvient à conférer à son livre une vraie douceur. C’est un livre qui donne envie de convoquer ses propres souvenirs, mais aussi de passer du temps avec ses proches, car à travers les instants dépeints c’est l’amour familial qui apparaît, vibrant. Et bien sûr, le récit donne envie de partir, tel le narrateur, en quête de l’enfant que l’on fut pour le garder vivant en nous.

Rarement un adulte aura si bien saisi l’essence de l’enfance, cet état transitoire où le rapport au temps et au monde semble mouvant, fluide et sans contraintes. Mais quand cette analyse fort juste sait se parer d’une écriture poétique et douce, cela devient le livre parfait à déguster au coin du feu dès les premiers jours de l’automne.

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