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affiche-film-egoSebastian mène une vie superficielle, dans l’attente de trouver une maison de disques pour sortir son album. Lorsqu’un accident le rend aveugle, sa vie change du jour au lendemain. Ses parents embauchent Mia pour l’aider dans la vie courante…

Movie challenge 2017 : un film européen hors France (Suède)

Dites merci (ou pas) à Tinalakiller, sans qui cette catégorie du Movie challenge 2017 se serait appelée « un film scandinave », car j’avais envie de continuer à découvrir et à faire découvrir ce cinéma nordique que je trouve si riche et passionnant. Et pour changer un peu du cliché du polar (Les enquêtes du département V), ou du film au sujet douloureux (La Chasse, Festen, A War…), j’ai choisi Ego. Certes, à première vue (c’est le cas de le dire), un homme qui devient aveugle, ce n’est pas à proprement parler le thème d’une comédie. Pourtant, rassurez-vous, Ego n’est pas du tout déprimant !

On ne va pas se mentir (de toute façon Tina serait là pour rétablir la vérité !), si j’ai eu connaissance de ce long-métrage de Lisa James Larsson, c’est avant tout grâce à sa tête d’affiche Martin Wallström. Pour ceux et celles qui ne le connaîtraient pas, l’acteur incarne le « méchant » dans Mr.Robot, Tyrell Wellick (à mes yeux le personnage le plus complexe et intéressant de la série). Et je dois lui reconnaître un certain talent pour donner vie à des personnages détestables. Car, même si ce n’est pas un psychopathe comme Tyrell, Sebastian est plutôt insupportable : imbu de lui-même, il se trouve bourré de talent et passe son temps à s’occuper de son look, à traîner dans l’arrière-boutique du magasin où il est censé travailler et à sortir en boîte avec son groupe d’amis, ramenant chez lui des filles différentes à chaque fois. Le tout grâce à l’argent de ses parents. Bref, une bonne tête à claques.

Et puis, Sebastian perd la vue, et sa vie se retrouve bouleversée. Même si le personnage n’était pas sympathique, j’ai été assez touchée de ses difficultés à accepter cette nouvelle vie. Je suis toujours assez sensible aux scènes relatives à la découverte du handicap (j’ai d’ailleurs été traumatisée par De Rouille et d’os), même si j’avoue que par moments il m’a semblé que l’acteur avait le regard trop mobile pour quelqu’un censé ne pas voir.

C’est surtout à partir de l’entrée de Mia dans la vie de Sebastian que le film gagne en intérêt. La jeune femme incarnée par Mylaine Hedreul est l’antithèse de Sebastian : elle est fraîche et franche, douce et patiente, et bien sûr, comme on pouvait s’y attendre, elle va peu à peu lui redonner goût à la vie. J’ai trouvé cette actrice, que je ne connaissais pas jusque-là, absolument adorable dans ce rôle de girl next door. Grâce à elle, le film prend une dimension plus humaine à mesure qu’elle permet à Sebastian d’écrire des paroles de chansons plus inspirées. J’ai également apprécié le fait que les parents du jeune homme, qui avaient pourtant commencé par interroger Mia sur ses placements financiers, se montrent finalement ouverts envers elle, en dépit de la différence de milieu social.

Le film est également assez réussi d’un point de vue visuel (notamment les effets de lumière pour faire ressentir au spectateur les troubles de la vision) et musical. Les chansons originales ne sont pas exceptionnelles mais elles se laissent écouter, et Martin Wallström ne chante pas trop mal. En tout cas j’ai réussi à me départir de l’impression de voir Tyrell au karaoké, ce qui est bon signe !

Bien qu’un peu léger et convenu, le film m’a fait passer un très bon moment en compagnie de Mia et Sebbe, la preuve que la Scandinavie peut aussi produire des œuvres divertissantes et positives !

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