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affiche-film-la-failleTed Crawford découvre que sa femme entretient une liaison avec un négociateur de la police. Lorsqu’elle rentre à son domicile, il l’abat d’une balle dans la tête et se confesse au négociateur, justement l’amant de son épouse…

Movie challenge 2017 : un film de procès

Soyons clairs d’emblée, cette catégorie du Movie challenge ne me faisait pas envie. Je comptais sur La fille de Brest pour m’y conformer, mais voilà, on ne voit pas dans le film le procès du Médiator. J’ai donc dû me mettre en quête d’un autre métrage répondant à la définition du genre. Et force est de constater que les films de procès récents (vous connaissez ma réticence envers les classiques) ne sont pas nombreux. Hormis L’Hermine, que j’avais déjà vu et d’ailleurs bien apprécié, ou d’autres films français évoquant des procès comme Je ne suis pas un salaud ou Je suis heureux que ma mère soit vivante, mais déjà vus eux aussi.

C’est donc dans une liste sur les films de procès que j’ai repéré La faille. Un sujet digne des thrillers du dimanche soir, un réalisateur qui m’était inconnu (Gregory Hoblit), restait l’intérêt de la confrontation entre Anthony Hopkins, grand habitué des rôles de psychopathes, et Ryan Gosling jeune. Ce dernier incarne un avocat (enfin plutôt procureur dans le système judiciaire américain) insupportable de morgue et d’assurance, un peu dans la veine tête à claques de son personnage au début de Crazy, Stupid, Love. Face à lui, Hopkins est absolument fidèle à lui-même : glaçant. Le jeu du chat et de la souris qui s’installe entre les deux m’a fait penser à Prémonitions, un thriller dans lequel Hopkins est de l’autre côté de la justice et traque un tueur en série à l’aide de dons paranormaux.

Ici point de paranormal, simplement un criminel assez malin pour passer aux aveux tout en manipulant son monde de façon à se faire acquitter à coup sûr. Car pendant que Willy Beachum pense déjà à son prochain poste bien rémunéré dans un gros cabinet privé, il néglige cette affaire, et donne toute latitude au tueur pour organiser sa sortie.

Les immenses circuits à billes qui décorent la maison des Crawford sont censés représenter l’intelligence hors normes du criminel, de même que le dialogue dont le titre est issu, au sujet des défauts des coquilles d’œufs. Crawford serait celui dont la finesse psychologique lui permet de déceler les moindres failles de ses contemporains au point de pouvoir tous les berner.

Sauf qu’en réalité, alors que les gentils flics mous (dont Cliff Curtis, pas plus à son avantage que dans Fear the Walking Dead) passent la maison au peigne fin trois ou quatre fois en quête de l’arme du crime, le pistolet de Ted n’ayant pas servi d’après les rapports des experts, et que Willy ronge son frein, ne supportant pas l’humiliation infligée par sa première défaite au procès, le spectateur, lui, pourvu qu’il ait un peu de jugeote, aura rapidement deviné où se trouve en réalité la fameuse preuve après laquelle tout le monde court.

Aussi me suis-je relativement ennuyée en attendant que Willy finisse par comprendre où était l’arme du crime, à peine divertie par la présence assez mal exploitée de l’excellente Rosamund Pike, dont la romance avec l’avocat est vite expédiée.

Bref, un thriller ultra classique qui ne me réconciliera pas avec le genre du film de procès et offre à ses interprètes une partition manquant d’originalité et de mordant.

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