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affiche-filmcarolTherese travaille dans les grands magasins en rêvant de devenir photographe. Elle est fascinée par une cliente très distinguée, Carol Aird, qui a oublié ses gants au rayon jouets…

Movie challenge 2017 : un film LGBT

J’avais entendu sur ce film beaucoup de louanges, mais aussi quelques reproches au sujet de son côté classique, lisse voire froid. Je l’avais noté dans ma liste à voir mais c’est Song to Song qui l’a fait remonter au sommet de celle-ci. En effet, éblouie par Rooney Mara, j’avais hâte de me plonger dans sa filmographie.

Le début du film m’a plutôt agréablement surprise, avec un joli flashback, mis en scène de façon élégante. D’ailleurs, élégant, le film l’est de bout en bout. Dans les costumes, les décors, la façon de filmer (jusqu’aux scènes d’amour), le jeu des actrices, rien dans le long-métrage de Todd Haynes ne dévie du bon goût et d’une classe très adaptée à l’époque (l’histoire se déroule dans les années 50).

Bref, c’est beau, de bon ton, bien joué et bien filmé, et il y a même une touche de magie de Noël dans ce grand magasin où opère le charme de la rencontre entre l’adorable Therese (Rooney Mara, dans une version bonnet de Noël-fossettes des plus kawaii) et l’intimidante Carol (Cate Blanchett, dont la désinvolture quant à la question du cadeau est assez intrigante et charmante en son genre).

Malheureusement au fur et à mesure que leur relation amoureuse se noue, et que les complications dues au mari de Carol apparaissent, j’ai été de moins en moins emballée par le film. Petit à petit, l’élégance des premières images a cédé le pas à une certaine froideur, voire un côté « faux ». J’ai trouvé le personnage de Cate Blanchett tellement dans le contrôle que lorsqu’elle exprime ses émotions, par exemple en pleurant chez le juge, je n’arrivais pas à croire à sa sincérité. Certes, le carcan social de l’époque peut expliquer en partie ses réactions mais cela m’a un peu déçue.

À l’inverse, le personnage de Therese m’a paru vraiment intéressant dans sa vision de la relation homosexuelle. La jeune femme est prête à se lancer corps et âme dans cette aventure amoureuse, avec une certaine décontraction, comme si tout cela était totalement admis et normal pour les mœurs de l’époque. Ce côté très en avance sur son temps m’a séduite mais est hélas contrebalancé par une musique lyrique voire guimauve lors des scènes d’amour qui m’a paru un vrai contresens.

En réalité je n’ai pas réussi à me positionner face à ce film, ne comprenant pas s’il était censé être émouvant et dramatique ou bien plutôt combattif et moderne. D’un côté le scénario nous montre les difficultés des deux femmes, la pression sociale, etc. ce qui peut nous attrister et nous révolter, de l’autre, il y a ce manque de passion dans la façon de retranscrire l’histoire et cette modernité de Therese qui tirent le long-métrage vers quelque chose de plus contemporain mais manquant de corps et d’énergie.

Bref, j’attendais que ce film devienne le classique du film d’amour lesbien qui manque à ma connaissance, et je suis restée sur ma faim, en dépit de qualités esthétiques indéniables.

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