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affiche-film-baden-badenAna, 26 ans, vivote en Angleterre. Sur un coup de tête, elle rentre en Alsace pour revoir sa famille et ses amis. Alors que sa grand-mère est hospitalisée, Ana se met en tête de remplacer la baignoire de la vieille dame par une douche…

Movie challenge 2017 : un film qui m’a fait pleurer de rire

Je n’aurais pas forcément parié sur ce film franco-belge, premier long-métrage de Rachel Lang, pour cette catégorie imprévisible du Movie challenge. Il est vrai qu’à première vue, la vie d’Ana n’est pas à mourir de rire : dès les premières minutes du film, la jeune femme se fait vertement réprimander par son employeur pour s’être perdue en voiture.

Et sur le fond, le propos du film est plutôt sérieux, puisqu’il évoque le difficile passage à l’âge adulte de la génération Y, et plus précisément des jeunes femmes. Un sujet qui m’a forcément accrochée, faisant moi-même partie de cette génération. Je me suis en partie retrouvée dans les questionnements d’Ana, sa difficulté à se positionner face au monde adulte et à ses codes, mais aussi sa liberté de ton et d’action, sa détermination, sa volonté de faire des choses par elle-même sans se reposer sur ses proches, de les épargner aussi en ne leur faisant pas subir ses chagrins. J’ai trouvé la jeune femme, incarnée avec peps par la découverte belge Salomé Richard, très crédible et attachante jusque dans ses défauts : l’entêtement, l’incapacité à avancer, le besoin d’affection masculine

On peut même dire que le film de Rachel Lang est en quelque sorte féministe, car Ana dispose de sa vie et de son corps comme elle l’entend, faisant fi des avis de ses proches sur ses fréquentations et des discours bien-pensants (à vomir) du corps médical. Une scène d’examen en particulier, ou la professionnelle de santé émet un jugement outrepassant les bornes de sa fonction, m’a particulièrement révoltée, et j’ai su gré à la réalisatrice de montrer cela.

Mais par ailleurs, en dépit d’un sujet pas si léger, le film regorge de scènes amusantes voire franchement hilarantes. Les travaux engagés dans la salle de bain sont en particulier la source de gags visuels, dans lesquels excelle Lazare Gousseau, en plombier du dimanche. Dans l’ensemble, le casting permet de découvrir ou redécouvrir des acteurs plutôt rares au cinéma, peu connus, ce qui apporte une vraie fraîcheur au film et rend les personnages vraisemblables, du meilleur pote et plus si affinités à l’ex insupportable mais difficile à quitter, en passant par une sympathique galerie de copines.

Au cœur du film, la grand-mère pour qui toute cette histoire de baignoire arrive, est le dernier rôle de Claude Gensac, disparue fin 2016, et non des moindres. La fiancée du gendarme y campe une femme qui a fini d’attendre que la vie la gâte mais qui ne se prive pas de s’amuser pour autant, souvent en taquinant sa petite fille. À noter aussi la présence de Zabou Breitman en mère inquiète, aussi juste qu’à l’ordinaire.

Un peu chronique sociale, un peu comédie, le film de Rachel Lang a su me plaire par son côté décalé, dans la veine d’un cinéma contemporain très frais et malin que j’aime beaucoup, après Les Bêtises ou Sur quel pied danser.

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