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CVT_Parmi-les-miens_8242Lorsque Manon apprend que sa mère est dans le coma suite à un accident, elle laisse mari et bébé pour rejoindre son père, son frère et sa sœur au chevet de cette femme peu aimante qui les a élevés…

C’est l’étiquette premier roman qui m’avait donné envie de découvrir ce récit de Charlotte Pons, ainsi que son thème familial. J’ai beau en avoir lu un certain nombre, les histoires de famille contemporaines m’attirent souvent, pour peu qu’elles ne tombent pas dans le cliché. Je remercie donc Flammarion qui m’a permis de découvrir celle-ci.

Ici, j’ai senti rapidement que l’intrigue allait se révéler très classique, tout comme le style. Ce n’est pas une quelconque originalité qui fait la valeur de ce roman, car j’ai eu à plusieurs reprises des impressions de déjà-lu ou déjà-vu. On se croirait presque dans une saga estivale (et de ma part cela n’a rien d’une critique, car celles-ci m’ont tenu en haleine à l’adolescence) : une famille en apparence bien sous tous rapports, appartenant à la bourgeoisie d’une ville de province, dans un cadre montagneux enchanteur, vole en éclats suite à un événement dramatique, ici l’accident de voiture qui plonge la mère de famille dans le coma.

Et forcément, peu à peu, les personnages révèlent leurs failles et leurs particularités pour prendre corps au fil des pages. Coincés dans une posture d’attente face à cette femme sans réaction dont les médecins leur assurent à la fois qu’elle est vivante et qu’elle ne se remettra pas, les enfants grandis n’ont d’autre refuge que la maison familiale où pèse le poids des non-dits et des rancœurs mal évacuées.

Parmi les différents thèmes délicats abordés, de façon plutôt réaliste, dans le roman, on retrouvera des sujets aussi variés que l’homosexualité (et sa perception dans une petite ville de province), la maladie mentale et les tabous dont elle s’accompagne, l’assimilation d’une étrangère (la mère norvégienne), la difficulté à trouver sa place dans une fratrie…

La question de l’évolution de l’état de la mère, et les décisions qui en découlent pour ses enfants et son mari, simple silhouette quasi mutique dans le roman, ne présentent pas de vrai suspens pour le lecteur un minimum éclairé. On ne s’attend pas à ce que le livre connaisse un happy end miraculeux, car comme dans toute bonne saga, certains personnages doivent mourir.

Et pourtant le tout se lit vite, car le style est fluide. Ce qui m’a vraiment accrochée dans ce récit, bien plus que le sujet principal, c’est en réalité le personnage de Manon et ses difficultés à aborder la vie d’adulte. Bien qu’âgée de 39 ans, elle semble désireuse de se réfugier du côté de l’enfance et de l’adolescence, que ce soit dans les rapports avec ses frère et sœur, qu’elle a du mal à considérer d’égale à égal(e) ou auprès de son amie Lisbeth, en qui elle apprécie surtout la pérennité de leur relation. J’aurais même préféré que le roman s’attarde moins sur Manon en tant que fille, par rapport à cette mère dont seul le corps est présent, et davantage sur Manon en tant que mère, qui fuit son rôle auprès d’un bébé auquel elle semble relativement indifférente. La question de la maternité apparaît problématique dans des extraits qui montrent que la femme se sent coincée dans une situation qui lui échappe, qui ne lui laisse plus sa place de femme à part entière. Voilà un sujet actuel et capital que j’aurais aimé voir davantage développé et aurait pu rendre le récit un peu moins classique. Il n’empêche qu’on passe plutôt un bon moment de lecture avec ce drame ordinaire.

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