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affiche-film-the-circleMae décroche grâce à son amie Annie un emploi chez The Circle, un réseau social proposant de nombreux services. Rapidement, elle s’implique beaucoup dans la vie de l’entreprise…

Movie challenge 2017 : un film d’un réalisateur que j’adore

Sachant qu’Emma Watson tenait le rôle principal de ce film, j’étais assez décidée à le voir. Je n’en savais pas beaucoup plus, ayant eu un mois de juillet assez chargé, et j’ai d’ailleurs eu toutes les peines du monde à trouver un créneau pour le voir, en dépit des places gagnées chez Baz’art, que je remercie !

Les critiques très mitigées sur ce film m’avaient un peu refroidie, et ce n’est pas un mal, car cela m’a permis d’être agréablement surprise. N’ayant pas lu le roman, je ne savais pas à quoi m’attendre et je dois dire que j’ai trouvé le propos du film très pertinent par rapport à l’époque dans laquelle nous vivons. En effet, Mae travaille dans une grosse multinationale qui pourrait ressemble aux géants du web comme Facebook ou Google. De fait, même si le film semble légèrement en avance sur notre époque, il reste réaliste et permet au spectateur de se projeter.

Et ce d’autant plus facilement qu’il est aisé de s’identifier à Mae. Dès les premières minutes, où on la découvre pratiquant sa passion pour le kayak en solitaire, puis aux côtés de sa mère vieillissante et de son père malade, la jeune femme nous est sympathique. Issue d’un milieu modeste, elle est proche de ses parents et souhaiterait leur rendre la vie plus agréable, mais sa situation professionnelle est précaire. C’est pourquoi le fait d’être embauchée par The Circle est si important pour elle.

De bonne facture mais assez classique dans son traitement (et pour une fois, c’est reposant de suivre un film très narratif), le long-métrage nous plonge dans l’univers de cette entreprise en apparence chaleureuse qui, très vite, met le spectateur mal à l’aise. Rapidement, l’intrigue se noue en une réflexion sur la liberté, la transparence, la moralité, et la vie privée à l’heure où les technologies permettent l’espionnage généralisé. J’ai trouvé la progression dans le malaise crédible et bien rendue, et l’évolution de Mae, confrontée à la fois à Ty, qui émet des doutes sur le bien-fondé de The Circle, et aux dirigeants qui voient en elle un élément prometteur, interprétée avec justesse.

Ce qui fait la valeur du film, plus que les rebondissements de l’intrigue où quelques invraisemblances pourraient être dénichées, c’est la réflexion qu’il porte, un peu façon Black Mirror, et son ambiance de fausse convivialité et d’une moralité à double tranchant. Pendant tout le film, en voyant Mae se démener pour faire ce qu’elle pense être le plus juste pour tout le monde, j’ai eu en tête ce dicton, « l’Enfer est pavé de bonnes intentions ». Car les personnes les plus dangereuses pour la société ne sont pas forcément celles qui cherchent à commettre un méfait. Et c’est à mon sens la signification de la chute, que je ne dévoilerai pas mais dont je sais qu’elle a pu dérouter. À mon sens, le scénario est plutôt malin car, alors que l’intrigue est bien menée mais relativement classique jusque-là, cette porte de sortie plutôt inattendue contribue à faire de l’ensemble un film contemporain et à message.

Ce n’est qu’après avoir visionné le film que j’ai compris qu’il était réalisé par James Ponsoldt, dont j’ai tellement aimé The Spectacular Now. À y regarder de près, ce n’est pas si étonnant : il y a chez Mae un mélange de la tentation du pire que pouvait incarner Sutter et des nobles valeurs d’Aimee. On sent chez le réalisateur une volonté d’explorer la frontière entre bien et mal qui me pousse à continuer à suivre son parcours.

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