affiche-serie-big-little-liesL’arrivée de Jane, mère célibataire, et son fils Ziggy, perturbe la bonne société de Monterey. Très vite, le petit garçon est accusé de brutaliser la fille de Renata Klein, une femme influente. Madeline et Céleste soutiennent Jane…

L’idée

La chaîne HBO a acheté les droits du roman de Liane Moriarty, Petits secrets, grands mensonges, choisissant d’en déplacer l’intrigue, initialement située dans la banlieue de Sydney, dans un quartier chic de Monterey. Dès le début, il s’agit d’un projet de mini-série en 7 épisodes, dont la réalisation est confiée à Jean-Marc Vallée (Wild, Demolition). La chaîne a depuis évoqué la possibilité d’une saison 2 mais il ne s’agirait plus d’une adaptation, et le réalisateur y est opposé.

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De gauche à droite : Renata, Madeline, Céleste, Bonnie et Jane.

Scénario

Hormis le déplacement aux États-Unis, la série suit relativement fidèlement la trame narrative du roman (sauf que le fils de Madeline a disparu de l’intrigue). Dès le début, la série se présente comme un genre de whodunit : quelqu’un a trouvé la mort lors d’une soirée caritative organisée par l’école « Otter Bay » et il s’agit pour la police, mais aussi pour le spectateur, de reconstituer les faits grâce aux témoignages qui retracent les cinq derniers mois de la communauté gravitant autour de l’école. L’originalité est que non seulement nous ne connaissons pas l’identité du meurtrier, mais nous ne savons même pas qui est la victime ! Un double suspens qui va croissant jusqu’aux dernières minutes du dernier épisode.

Tonalités et thèmes

Dès le début, j’ai trouvé l’ambiance de la série assez proche de celle de Desperate Houseviwes : comme dans la série de Marc Cherry, une communauté huppée est secouée par un drame qui révèle les failles cachées de toutes les familles. Le titre Big little lies est d’ailleurs dans la veine du sous-titre « Derrière les portes closes… » : il s’agit pour le spectateur de découvrir ce que ces femmes en apparence épanouies et enviables ont à cacher de peu reluisant.

Si l’on peut parfois s’amuser des réactions des enfants (les filles de Madeline en particulier, au caractère bien trempé), le seul personnage principal qui peut éventuellement transmettre un peu de légèreté est Madeline, qui par son tempérament à la fois futile et passionné est une sorte d’archétype de la « commère » qui cherche à se mêler des affaires des autres. Mais dans l’ensemble le ton de la série est plutôt très sérieux, abordant des sujets sensibles tels que le viol, les violences conjugales, le divorce, l’adultère, le harcèlement scolaire, et la difficulté à conjuguer vie familiale et professionnelle.

J’ai surtout aimé le côté féministe de la série : certes, les femmes que l’on suit ne sont pas parfaites et leurs défauts flagrants peuvent les rendre agaçantes, mais l’on sent bien la pression permanente qui pèse sur elles. Il s’agit à la fois de l’image de perfection et de pouvoir qu’elles cherchent à se donner les unes aux autres et de leurs relations avec les hommes qui attendent d’elles qu’elles remplissent leur rôle de mère au mieux tout en restant des maîtresses désirantes et désirables. Les relations sexuelles en particulier sont vues comme un rapport de pouvoir qui sert à prouver la vitalité de la relation amoureuse, à clore une dispute ou à s’évader d’une vie insatisfaisante (quand il s’agit d’une relation consentie…). Bref, c’est du lourd, mais qui aborde des questions nécessaires !

Personnages

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Madeline et Jane

Ce qui m’a décidée à me lancer dans cette série, parmi toute la liste « à voir » que je n’arrive pas à entamer, c’est son casting de luxe. Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley et Laura Dern composent un quatuor extrêmement juste même dans ses excès. En comparaison, les rôles masculins restent au second plan. Les tempéraments des hommes comme Gordon ou Nathan restent ébauchés, car ils sont surtout considérés dans leur rapport aux femmes (pouvoir, domination, possession) et aux enfants (bons pères de famille). Seuls se distinguent le gentil et un peu falot Ed (Adam Scott), qui se demande encore comment il a pu séduire une femme volcanique comme Madeline (on se le demande aussi) et l’angoissant Perry (Alexander Skarsgård, glaçant). Les prestations des femmes sont remarquables, en particulier celles de Nicole Kidman dans la duplicité de sa vie publique/privée, et de Shailene Woodley, qui incarne à merveille une mère courage brisée par un événement traumatique. À noter aussi la prestation de Zoe Kravitz en prof de yoga très peace and love.

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Céleste et son mari Perry.

À voir après…

Ou à revoir, car c’est tout de même un classique, Desperate Housewives, pour la réflexion sur le quotidien des femmes au foyer et l’ambiance Cluedo.

DH

Avez-vous vu Big Little Lies ? Avez-vous aimé cette série ?

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