affiche-film-lhistoire-de-lamourEn Pologne, la guerre sépare Léo, ses amis Bruno et Zvi, de la belle Alma qui s’enfuit pour New York. Léo, fou amoureux, lui promet de lui dédier un livre et d’en envoyer les chapitres dans ses lettres. Des années plus tard, à New York, Léo vit avec Bruno dans Chinatown, pendant qu’une autre Alma, adolescente, découvre l’amour…

J’avais failli aller découvrir ce film en salles à sa sortie, mais j’avais été quelque peu rebutée par sa longueur (2h15), craignant de m’ennuyer. Finalement je l’ai rattrapé sur la plateforme de ma médiathèque préférée. J’avais aimé Va, vis et deviens et Le concert mais sans non plus tomber complètement sous le charme, et ce nouveau Radu Mihaileanu était pour moi l’occasion de confirmer ou infirmer cette impression de grands films qui ne me touchent pas tout à fait. La présence au casting de Gemma Arterton constituant un encouragement supplémentaire pour la fan de Tamara Drewe que je suis.

J’ai été totalement séduite pas le début du film, ce noir et blanc qui se mue en couleur, cette vieille photo présentée au son des premières lignes du manuscrit qui donne son nom au film. Il y a vraiment beaucoup de maîtrise et d’élégance dans cette entrée en matière.

Par la suite, même si l’ensemble reste de très bonne facture et égrené de quelques plans particulièrement réussis, j’ai trouvé que la réalisation perdait un peu en créativité, malheureusement. Présenté comme un film audacieux, fantastique, mêlant les époques et les destins, la trame narrative, elle aussi, est en fait relativement classique, se contentant de suivre chacun des personnages principaux en livrant au compte-gouttes les éléments de leur passé qui permettront de croiser leurs trajectoires.

Cela dit les personnages sont beaux, et touchants. Il y a presque deux films différents dans L’Histoire de l’amour : l’adolescence très contemporaine d’Alma, personnage classique de jeune fille qui rêve d’un amour absolu ou préfère y renoncer par principe, et la longue vie de Léo, pleine de rebondissements dramatiques. L’ensemble ne manque pas de souffle romanesque, ni de saillies amusantes (le tempérament du vieux Léo à la fois râleur, nostalgique et exubérant, y est pour beaucoup), mais s’appuie surtout sur une cohorte de tragédies qui en deviennent finalement assez prévisibles. C’est le principal reproche que je ferais à ce film, celui de n’avoir pas su me surprendre, hormis en une occasion. Dans l’ensemble j’ai trouvé qu’il était assez facile d’anticiper la fin de l’histoire.

Cela dit je n’ai pas décroché de l’écran durant les 2h15 du film, preuve tout de même que la narration est fluide et prenante. On s’attache aux personnages principaux, on éprouve leurs chagrins, car il s’agit typiquement d’un film qui fait pleurer (même si à force d’accumulation, je n’ai du coup pas versé de larmes). Et bizarrement, c’est le personnage de Gemma Arterton qui m’a laissée circonspecte, car je n’ai pas toujours compris ses réactions et j’ai trouvé qu’elle causait non seulement son malheur mais celui de son entourage, en se crispant sur des principes discutables.

Nul doute que le film séduira les amateurs de grandes fresques multi-générationnelles et les fans du réalisateur, pour ma part j’en ressors avec le même léger doute qu’après ses précédentes réalisations.

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