affiche-film-primaireFlorence, professeur des écoles, enseigne à une classe de CM2 dans laquelle son fils Denis est élève, une situation qu’il accepte mal. Un jour, la classe de Florence accueille Sacha, un élève de CM1 qui n’a pas ses affaires de piscine. Le garçon suscite les moqueries…

J’avais entendu parler de ce film avant même sa sortie, dans le cadre professionnel, et c’est d’ailleurs grâce à mon job que j’ai pu finalement le visionner. J’avais vraiment hâte de découvrir ce long-métrage d’Hélène Angel, même si je ne connaissais pas cette réalisatrice jusqu’ici. La bande-annonce m’avait fait envie, et les retours très positifs d’enseignants sur le film confortaient mon impatience.

Pourtant, le choix de Sara Forestier pour incarner Florence me laissait perplexe. D’elle, je n’ai jamais pu me défaire de l’image de L’Esquive (un film que je n’ai même pas réussi à voir en entier tant il m’a insupportée) et de ses prestations aux Césars. Bref, je la trouvais un peu vulgaire.

Mais je me suis dit que les années ayant passé, il y avait moyen qu’elle ait évolué, et je dois dire que j’ai été heureusement surprise par sa prestation. Héroïne de ce film sur les bonnes âmes du quotidien, Florence est un personnage attachant dans ses convictions, ses failles et ses excès. L’institutrice parfaite ? Pas vraiment un modèle, non, car elle sort de son rôle régulièrement pour aider Sacha, un élève qui n’est même pas le sien, flirtant avec les limites de la légalité lorsqu’elle tente de repousser un signalement aux services sociaux, garde le garçon chez elle ou décide d’aller voir sa mère sur son lieu de travail (Laure Calamy, que j’ai été ravie de retrouver après Dix pour cent et Ava). Exaltée, Florence semble tour à tour adorer ses collègues, passant du temps avec eux le midi ou même le soir avec son voisin le directeur, puis les détester dès qu’ils ne sont pas d’accord avec elle. C’est dans ces scènes de colère que j’ai retrouvé la fougue de Sara Forestier, mais qui sait aussi ici se muer en douceur, par exemple quand Florence apprend à lire à Tara.

Si je n’ai pas forcément été sensible au personnage de Sacha, qui malgré ses problèmes reste un gamin violent et insupportable, j’ai préféré le filou Denis et l’ensemble de la classe de Florence, plus vraie que nature. Faites l’expérience de voir ce film avec des enseignants, vous entendrez régulièrement « c’est tout à fait ça ! ». Ce côté très documenté, réaliste, avec le bon vocabulaire (le PPRE…), la difficulté à tenir une classe entière et nombreuse, tout en différenciant pour chacun en fonction de ses besoins, l’inclusion des élèves handicapés (Charlie, incarnée par la formidable Hannah Brunt, une jeune fille autiste) prouve que la réalisatrice a vraiment creusé son sujet et produit un témoignage vivant et passionnant, tout en restant dans le domaine d’une fiction qui se tient d’un point de vue narratif.

Et si les hommes jouent des rôles secondaires dans le film (on aperçoit le concierge et le directeur comme des figures d’arrière-plan par rapport à l’engagement corps et âme de Florence), j’ai bien aimé la partition de Vincent Elbaz, parachuté à devoir s’occuper d’un enfant qui n’est pas le sien. Son binôme avec Sara Forestier offre surtout l’occasion de la scène la plus hilarante du film, dans la cuisine.

Coloré, pétillant, mais sans occulter les difficultés du métier, Primaire est un film plaisant à voir et un très bel hommage aux enseignants inoubliables comme on en a tous connus. Peut-être le meilleur film consacré à l’école à ce jour…

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