affiche-film-ce-qui-nous-lieJean a quitté le domaine viticole familial il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant que son père est mourant, il revient et retrouve Juliette et Jérémie, ses frère et sœur qui travaillent avec leur père…

 Qu’est-ce qui au juste m’a donné envie de voir ce film au point de faire tous les concours de la toile pour gagner des places (merci à la RVF chez qui j’ai récolté mes invitations !) ? Difficile à dire, car a priori ce film n’était pas vraiment dans mon spectre. D’une part, je dois vous faire une confidence : je n’aime pas le cinéma de Klapisch. Plus exactement, je n’ai pas du tout accroché à L’Auberge espagnole, film que je vois pourtant créer le consensus autour de moi. De plus, le sujet, une exploitation viticole, ne me faisait pas rêver, moi qui n’y connais pas grand chose en vin.

Et pourtant, sans même avoir vu la bande-annonce, j’avais décrété que je ne pouvais pas manquer ce film, qui avait quand même un bel atout à mes yeux : réunir dans une fratrie de cinéma Pio Marmaï, Ana Girardot (Les Revenants) et François Civil (Dix pour cent). Ayant apprécié leurs prestations séparément jusqu’ici, j’étais très curieuse de voir ce que ces trois-là pouvaient créer ensemble. Et puis, Klapisch, c’est aussi l’un des réalisateurs de Dix pour cent, de quoi mettre mes scrupules de côté !

Il devait aussi y avoir une forme d’intuition dans mon rapport à ce film avant même de l’avoir vu, parce que dès le générique, entre les plans sublimes sur les vignobles de Bourgogne, la typo soignée et la musique, j’ai ressenti le frisson annonciateur du film-qui-va-se-placer-dans-le-top-de-l’année. Cette faculté à savoir en quelques secondes quand je vais vraiment accrocher à une œuvre me surprend toujours mais force est de constater que cela fonctionne !

Le coup de cœur aurait pu se démentir par la suite, mais j’ai été complètement happée par l’histoire de cette fratrie en reconstruction avec le retour de l’aîné, accueilli comme « frère prodigue » par sa sœur et avec rancœur par son jeune frère. Le jeu des acteurs est très fluide, j’ai trouvé leur fratrie complètement crédible. Les scènes où l’on voit Jean, Juliette et Jérémie enfants m’ont aussi beaucoup plu car elles permettent de donner de la profondeur à leur histoire, de plus les jeunes comédiens sont très bien choisis, on a vraiment l’impression que ce sont eux qui ont grandi !

L’ambiance du film sait évoluer d’une scène à l’autre, entre émotion, colère, tendresse, tristesse, rire, portée par une bande-son dynamique et contrastée. L’ensemble produit un film intense qui nous touche et nous fait rire, avec des dialogues aux petits oignons dignes des bonnes comédies françaises. Plus le film avançait, avec ses trouvailles de cadrage, son jeu sur les époques, son traitement des émotions mêlées, sa capacité à nous attacher aux personnages, plus il me semblait voir non pas un film de Cédric Klapisch mais de Rémi Bezançon, l’un de mes réalisateurs français favoris.

J’ai donc passé un excellent moment dans les vignes (oui le film a même réussi l’exploit de me donner envie de goûter à la production viticole qu’on suit au fil des saisons !) et je suis sortie de la salle étonnée d’avoir autant aimé ce film.

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