couverture-livre-vivement-l-avenirAlex, trentenaire au look d’adolescent, habite chez Marlène et Bertrand, qui hébergent également Gérard, le frère handicapé de Bertrand. Pendant ce temps, Cédric et Olivier contemplent le canal et y jettent des canettes 

C’est la couverture du roman de Marie-Sabine Roger qui m’a donné envie d’en savoir plus, alors que je ne connaissais pas cette auteur. Le résumé a continué d’attiser ma curiosité, et hop ! j’étais captivée.

C’est un roman qui se lit vite, car on s’attache à Alex et on a envie d’en savoir plus sur elle, son passé, son avenir. En fait, la narratrice reste assez mystérieuse, et tous les points inconnus de son parcours ne seront pas levés.

Le titre du livre est assez ironique, car l’avenir ne semble pas très rose pour la jeune femme solitaire qui enchaîne les petits boulots et déménage au gré des opportunités. Pourtant elle n’a pas l’air vraiment malheureuse de cette vie sans attaches qui lui permet de faire des rencontres improbables.

À commencer par Gérard. Gérard, qu’elle surnomme gentiment Roswell, est atteint d’un handicap moteur, et sans doute mental également. Déformé, crachotant, il peine à se déplacer seul et à s’exprimer. Pour le couple de beaufs complètement clichés que sont Marlène et Bertrand, un tel pensionnaire est évidemment un boulet. Seule Alex semble voir la beauté derrière la laideur, et l’intelligence inexprimée par le langage de cet homme pas comme les autres.

Jusqu’au jour où la jeune femme décide d’emmener Gérard en balade au bord du canal, et croise Olivier dit Le Mérou et Cédric, qui contemplent l’eau aussi stagnante que leur mal-être à longueur de journée.

Et là, j’ai eu l’impression plutôt agréable de me retrouver parachutée dans une sorte d’Ensemble, c’est tout. Mais dans une version moins rose, moins tendre que l’original. Car dans Vivement l’avenir !, tout le monde trimballe son lot de problèmes d’argent, de boulot (ou d’absence de boulot), d’amours bancales et de questionnements existentiels. Malgré ce tableau globalement sordide et déprimant, l’auteur parvient à insuffler un humour très présent dans son texte, et à donner envie au lecteur de savoir ce qui attend les personnages.

Bien sûr, certains éléments de résolution sont prévisibles, mais les principaux écueils du cliché sont tout de même évités, et c’est tant mieux ! Pour autant, j’ai trouvé la fin un peu rapide et peut-être trop facile pour tout arranger au mieux. J’aurais aimé un équilibre un peu plus subtil, mais dans l’ensemble c’est plutôt bien vu.

Surtout, je me suis régalée du style d’Alex, ironique et direct, et des répliques de l’inénarrable Marlène, qui déforme tout ce que la langue française compte de dictons et d’expressions en tout genre.

Une chouette découverte, qui me fait dire : Vivement les prochains romans de l’auteur !

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