affiche-film-camille-redoubleLors d’un réveillon arrosé avec ses amies d’adolescence, Camille s’évanouit. Lorsqu’elle se réveille, elle a de nouveau 16 ans, mais dans son corps d’adulte. Elle recroise au lycée Éric, l’homme qui vient de la quitter après plus de vingt ans de vie commune…

Le film de Noémie Lvovsky ne m’avait pas tenté à sa sortie, malgré de très bonnes critiques, et par la suite je l’ai un peu oublié. Il faut dire que j’ai été habituée à voir la réalisatrice apparaître comme actrice dans des films variés, qui ne m’ont pas toujours emballée (je pense notamment à Chez nous c’est trois). Et puis récemment, j’ai apprécié plusieurs de ses rôles, comme dans Ensemble, nous allons vivre une très très grande histoire d’amour (un de mes films préférés) ou dans Rosalie Blum.

Alors quand ce film est devenu disponible sur la plateforme de ma médiathèque, je me suis dit que c’était l’occasion de lui laisser sa chance. Le résumé me faisait plutôt envie, avec cette histoire de retour à l’adolescence, un peu façon Freaky Friday. 

Si je m’attendais à une comédie hilarante, j’ai rapidement été plongée dans une ambiance plutôt nostalgique et mélancolique. Camille vit très mal son divorce, boit et se plaint tout le temps. Son retour en adolescence apporte au film une bouffée d’air frais bienvenue et quelques scènes cocasses. J’ai notamment bien aimé le groupe de copines de Camille (Judith Chemla, India Hair, Julia Faure) dont les personnalités sont bien différenciées malgré leur statut de seconds rôles. Les parents de Camille sont également sympathiques (Yolande Moreau et Michel Vuillermoz, excusez du peu !) et c’est lorsqu’on s’attache à eux que le film devient plus triste que léger.

En effet, outre la question de sa relation avec Éric, que Camille va essayer de modifier pour ne pas souffrir de son divorce vingt-cinq ans plus tard, l’autre grande préoccupation de l’héroïne est de tenter de sauver sa mère, décédée peu de temps après son retour en arrière. Autrement dit, Camille a quelques semaines pour tenter d’inverser le cours des choses. Mais peut-on modifier le passé ?

J’ai trouvé cet angle du film plus intéressant que l’aspect romantique. J’avoue ne pas avoir compris ce que Camille trouvait au balourd Éric (Samir Guesmi, guère convaincant en jeune premier), et m’être ennuyée lors des scènes du duo qui tournaient rapidement à la mièvrerie avec de grandes envolées lyriques.

J’ai donc été beaucoup plus touchée par la relation de Camille avec ses parents et par ses tentatives pour les garder vivants auprès d’elle. L’idée d’enregistrer leurs voix sur son dictaphone est extrêmement bien trouvée et bouleversante.

Enfin, le personnage de Denis Podalydès apporte un rebondissement un peu parachuté à l’histoire et aurait mérité d’être mieux introduit et quitté. On sent dans la structure du film et les options choisies une forme de maladresse. Par moments drôle, à d’autres bouleversant, le film s’égare le reste du temps entre ces deux pôles et c’est dommage, car le sujet était vraiment tentant.

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