affiche-film-mommyDie, mère d’un adolescent souffrant de troubles TDAH prononcés, doit récupérer son fils Steve jusque là placé dans un centre éducatif fermé, suite à un incendie qu’il a provoqué. Lorsqu’elle perd son travail commence une difficile cohabitation…

Je crois que la Terre entière m’a recommandé Mommy, en tout cas pas une personne qui l’ait vu ne m’a pas dit qu’il fallait vraiment que je le regarde. Pourtant, rappelez-vous, les œuvres de Xavier Dolan ne m’ont jamais tant que ça tentée, et ma découverte du cinéaste avec Tom à la ferme avait été assez désastreuse.

Mais je me suis dit que j’allais lui laisser une deuxième chance avec son film le plus réputé. Et me voilà embarquée sur arte dans plus de 2h de film.

Je m’attendais à être émue, voire à pleurer, parce que c’est plutôt comme un drame qu’on m’avait présenté ce film. Mais, à l’instar d’un Manchester by the sea, le film de Dolan n’a pas su me tirer des larmes. Certes, la situation qu’il décrit n’est pas facile, ni pour Die, mère célibataire d’un ado difficile, ni pour Steve. Mais je dois dire que je n’ai pas été particulièrement sensible aux personnages, si ce n’est à la voisine, Kyla, un personnage plus modéré, plus proche du commun des mortels, qui m’a donc plus touchée. J’ai aimé qu’on ne sache pas tout d’elle, mais qu’on comprenne ses fêlures.

Pas de larmes, donc, si ce n’est… de rire. On ne m’avait pas prévenue que ce film était si drôle ! Dès les premières minutes, j’ai commencé à franchement sourire grâce aux dialogues aux petits oignons. L’accent et les expressions canadiennes n’y sont pas pour rien (« C’est-y dans le dictionnaire entregent ? » « Remets-toi z’en »). Mais il y a aussi du comique de situation, grâce aux personnages plus déjantés les uns que les autres (la scène dans le taxi est particulièrement énorme pour peu que l’on ait une bonne dose de second degré).

Séduite par l’humour et les dialogues, je l’ai aussi été par les trouvailles de cadrage et de montage. Le format carré qui s’élargit en 16/9e a beaucoup fait parler de lui, à raison, car la scène où Steve repousse les bords du cadre est sans doute l’une des plus réussies.

Il y a de l’idée, du fond, les acteurs sont très investis, mais peu à peu j’ai retrouvé dans le film ce que je n’avais pas aimé dans Tom à la ferme : des longueurs, de l’excès, des scènes de violence, de cris, qui paraissent par moments surréalistes, des relations malsaines, et toujours la touche de narcissisme maison (Dolan réussit à faire une apparition dans le film). Dommage !

Bref, je n’ai pas passé un mauvais moment mais je ne crierai pas non plus au chef d’œuvre. Je salue tout de même le choix des acteurs (ravie de retrouver l’interprète de Starbuck même si, honte à moi, je ne l’ai pas reconnu !) et la première moitié du film, la partie la plus légère qui m’a davantage convaincue que le côté (mélo)dramatique.

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