affiche fim boomerangAntoine, 40 ans, traverse une mauvaise période : sa femme l’a quitté, et son psy lui conseille de parler avec son père de la mort de sa mère, noyée lorsqu’il avait 10 ans. Persuadé que le tabou qui pèse sur ce drame cache quelque chose, Antoine tente d’entraîner sa sœur dans sa quête de vérité.

La bande-annonce de ce film m’avait plutôt donné envie, mais pas au point d’aller le voir au cinéma. Pourtant j’avais bien aimé Elle s’appelait Sarah, adapté d’un autre roman de Tatiana de Rosnay. Mais étant dans une veine « cinéma original », j’avais peur que le long-métrage de François Favrat ne soit un peu trop classique à mon goût.

Et de fait, nous sommes dans un film très traditionnel, sans effets extravagants, avec une intrigue linéaire autour d’un secret de famille. Famille, secret, mort non élucidée, cadre idyllique de bord de mer (l’île de Noirmoutier), autant d’éléments qui m’ont fait penser à un genre souvent décrié : la saga de l’été. Moi qui ai suivi avec passion tout ce que la télé a produit d’estival au début des années 2000, je ne considère pas cette ressemblance comme un défaut.

Si on est loin du chef d’œuvre du septième art, l’histoire est plutôt bien menée et donne envie de connaître la clé du mystère. Tout le film est porté par Laurent Laffite, avec lequel je commence à me réconcilier depuis le disjoncté Papa et maman, et qui offre ici une prestation assez touchante dans le rôle de l’homme qui n’a jamais réussi à faire le deuil de sa mère. À force d’entendre les proches de la défunte se justifier (le père, la grand-mère, les anciens domestiques…), on finit par se demander si Antoine a raison de s’acharner ou s’il ne s’invente pas toute une histoire. C’est quand le doute point dans l’esprit du spectateur que le film devient bon.

J’ai retrouvé avec plaisir Mélanie Laurent, qui, en dépit de tout ce qu’on a pu dire sur elle, reste pour moi la révélation du magnifique Je vais bien, ne t’en fais pas, même si son rôle manque un peu de consistance dans Boomerang. Audrey Dana, quant à elle, apporte une touche d’humour avec son personnage très franc de thanatopractrice.

J’ai été un peu étonnée par les révélations qui finissent par émerger au sujet de la mère d’Antoine et d’Agathe. J’ai trouvé l’idée plutôt bienvenue mais l’enchaînement des événements ne m’a guère convaincue, de même que le fait que le silence ait pu perdurer sur cette affaire durant trente ans. Quand on finit par apercevoir une coupure de journal au sujet de la mort de Clarisse, on se dit que son fils n’avait tout de même pas effectué beaucoup de recherches, pour quelqu’un d’obsédé par le drame !

De bonne facture, agréable à suivre sans être absolument prenant, le film de François Favrat fait le job pour nous tenir jusqu’à la fin, sans être très marquant pour autant. Et je cherche encore l’explication du titre…

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