couverture-livre-peut-etre-une-histoire-damourVirgile, trentenaire à la vie amoureuse désastreuse, découvre un soir sur son répondeur un message d’une inconnue : « C’est Clara, je te quitte ». Cet événement vient perturber le cours de sa vie bien réglée…

Je suis tombée sur ce livre en bout de gondole à la bibliothèque (comme quoi, le rôle prescripteur des bibliothécaires…). J’ai d’abord été victime d’une méprise, croyant qu’il s’agissait d’un roman anglo-saxon, trompée par le nom de l’auteur (un mix entre Martin Parr et Ellen Page dans mon inconscient, sans doute). J’ai rapidement compris qu’il s’agissait au contraire d’un des purs produits de la littérature française contemporaine.

Ce qui est à la fois un atout et un inconvénient. J’aime beaucoup la littérature française contemporaine, qui fournit au moins les trois quarts de mes lectures. Cependant, j’ai assez vite reconnu en Virgile et en ses amis des personnages qu’il me semble avoir croisés un nombre incalculable de fois dans la littérature des quinze dernières années. Si je dis : héros trentenaire anxieux qui cherche un sens à sa vie, dont les tentatives de couple restent des échecs, qui n’a pas de problèmes graves (ni maladie, ni manque d’argent, ni drames personnels) et s’en crée à tire-larigot, vivant à Paris dans un milieu bobo (il travaille dans la pub), entouré d’amies toutes « belles et intelligentes », habillées de soie et d’organza mettant en valeur leurs corps longilignes… Vous me dites : déjà lu. Je ne sais pas vraiment à qui faire remonter le début de cette veine littéraire dans laquelle je classerais volontiers Florian Zeller, Frédéric Beigbeder, et peut-être même Michel Schneider et Nathalie Poitout. Et quelque part, cela m’ennuie de m’apercevoir qu’une partie de la littérature contemporaine est si parisiano-centrée, si bobo-centrée (oserai-je dire si futile ?).

Je ne nie pas être pourtant dans la cible, en bonne amoureuse de Paris, épargnée par la vie et évoluant dans le milieu culturel. Et d’ailleurs, j’ai pris un certain plaisir à suivre les pérégrinations de Virgile, qui, s’il n’est pas très sympathique, est plutôt amusant dans ses crises d’hypocondrie. D’autant que l’auteur entretient le suspens jusqu’au bout : verra-t-on ou non apparaître la fameuse Clara ? Y aura-t-il une histoire d’amour… ou pas ? La conduite de l’intrigue est habile, et on se laisse facilement emporter après cette situation de départ si bien trouvée. D’ailleurs, quand j’avais lu la quatrième de couverture, j’étais on ne peut plus enthousiaste, trouvant déjà que cette idée de message de rupture d’une inconnue pourrait donner lieu à un excellent film. Au final, si j’ai trouvé l’ensemble malin, j’ai quand même été déçue par rapport à la promesse initiale.

Ce que j’ai le plus aimé, dans ce roman, c’est la capacité du narrateur à énoncer des vérités qui ne sont pas toujours bonnes à dire, sans complexe. Se sentir autorisé sous sa plume à considérer Paris comme l’oasis culturelle de la France, à détester les enfants ou à égoïstement ne pas se réjouir du succès de ses amis s’ils nous éloignent, c’est quelque part assez salutaire. Et c’est sans doute ce qui fait le succès de cette veine littéraire qui m’agace même si je m’y laisse parfois séduire.

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