affiche-film-maman-a-tortPour son stage de 3e, Anouk pensait aller sur un plateau de télé, recommandée par son papa. Mais au dernier moment, l’émission est annulée et Anouk se retrouve en stage dans la compagnie d’assurances où travaille sa mère.

J’avais lu des critiques très positives sur ce film et notamment sur sa jeune révélation, Jeanne Jestin (dont c’est déjà le 3e film). Et le sujet du stage de 3e me semblait assez neuf au cinéma pour susciter mon intérêt.

J’ai donc profité de la présence de ce film sur la plateforme de ma médiathèque pour le découvrir. J’aurais bien aimé réussir à le placer dans le Movie challenge mais malheureusement je n’ai pas trouvé de catégorie correspondant au film de Marc Fitoussi.

Et pour cause, celui-ci est un hybride. Tantôt comédie, tantôt enquête, tirant vers le drame ou le film social, c’est surtout le récit d’une expérience fondatrice pour la petite Anouk, qui quitte le monde idéal et protégé de l’enfance en découvrant celui du travail et des adultes.

Le réalisateur propose une vision du travail assez pessimiste dans le fond. Dès le début, le monde des adultes est présenté comme soumis à l’échec, lorsque l’émission de télé qui devait accueillir Anouk en stage est annulée et que son père échoue à lui trouver un nouveau stage. C’est par défaut qu’Anouk arrive dans la compagnie d’assurances de sa mère, et elle va découvrir que celle-ci est soumise à une hiérarchie, à des pressions directes mais aussi à toutes les petites compromissions du quotidien, telles que travailler avec des gens qu’elle n’apprécie pas.

Les débuts d’Anouk dans l’entreprise sont plutôt amusants, entre Simone qui lui fait réaliser une fresque en post-it et le tandem de pestes Mathilde et Bénédicte avec lesquelles l’adolescente passe la semaine à… réorganiser un placard. Mais lorsqu’un cas de refus de remboursement interpelle Anouk, elle va soudain s’intéresser aux assurances bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Intelligente et idéaliste, c’est un très beau personnage de jeune fille que porte Jeanne Jestin. Face à elle, Émilie Dequenne est crédible et touchante en mère dépassée par les événements, qui tente de gérer au mieux sa vie professionnelle et sa solitude en protégeant sa fille… jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus la mettre à l’abri des réalités de la vie adulte.

En dépit d’un univers visuel sympathique et coloré (Anouk est toujours habillée en bleu et jaune), le film de Marc Fitoussi laisse plutôt une impression sombre et amère, celle d’un monde dur et manipulateur, une machine qui n’hésite pas à broyer les employés et force les plus fragiles à accepter ses combines et ses lâchetés. Le choix du traitement par le biais du regard d’une jeune fille permet à la fois d’alléger l’ambiance du film et de lui donner plus de poids. Une vraie bonne idée pour ce film à message.

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