affiche-film-la-belle-et-la-beteBelle est la fille la plus étrange du village, toujours plongée dans les livres. Lorsque son père, commerçant, est retenu dans un château mystérieux, la jeune fille vole à son secours et décide de prendre sa place dans le cachot de la Bête…

 On ne peut pas dire que je sois une grande fan du dessin animé de 1991 (ni du film de Cocteau d’ailleurs) : j’ai découvert ces versions lorsque je passais mon bac, les contes étant au programme. Je n’avais pas passé un mauvais moment mais cela ne m’avait pas marquée.

Pourtant, j’étais assez décidée à voir la version live action de Bill Condon, pour une raison assez évidente à mes yeux : son chouette casting. Enfin, surtout, la présence d’Emma Watson (qui a refusé La La Land pour ce film…). Voir Hermione en Belle, ça me paraissait assez réjouissant en soi (même amour des livres, même grand cœur…), mais je sais aussi que la jeune actrice est bien plus que ça, pour avoir beaucoup aimé Le Monde de Charlie. Et comment ne pas être admiratif de ses engagements féministes ?

Alors, Emma en Belle, ça donne quoi ? Clairement, soit je dormais pendant le dessin animé, soit l’actrice réveille le côté intellectuel et rêveur de son personnage. Elle lui donne à la fois profondeur et fraîcheur, ce qui fait que j’ai passé tout le film à fondre devant ce personnage si attachant.

Face à elle, le casting est quatre étoiles même si on ne s’en rend pas forcément compte, puisque jusqu’à la scène finale seules les voix d’Emma Thompson, Ewan McGregor ou encore Ian McKellen sont présentes sous les traits des objets enchantés du château. Ceux-ci sont visuellement très réussis, mêlant habilement design et traits anthropomorphes. Et puis il y a des gens que je suis toujours contente de revoir, par exemple Dan Stevens (la Bête) et Hattie Morahan (Agathe), les interprètes de la superbe adaptation BBC de Raison et sentiments.

Tout est beau, tout est bien… mais tout est un peu trop dans ce film : j’étais contente de réentendre les chansons les plus célèbres du dessin animé, mais j’ai trouvé les voix des interprètes trop lissées, et les scènes emblématiques comme le dîner (« c’est la fête ») ou l’attaque des loups trop exagérées. La débauche de mouvements et d’effets m’a plus sortie de l’histoire qu’autre chose, et le son était assez tonitruant (bon, j’ai déjà connu pire, mais tout de même). Disons que ce genre de scène me rappelle pourquoi je n’aime pas les films type blockbusters.

Un peu trop aussi, Gaston, le méchant (Luke Evans) et son sbire LeFou (Josh Gad), qui a le mérite d’être drôle, mais dont l’effet comique retombe parfois sous l’exagération. Je ne parle pas du « moment gay » qui dure à peu près une seconde et n’a absolument rien de scandaleux.

Ce qui m’a frappée, c’est à quel point l’aspect moral de l’histoire est ambigu. Je ne serai pas la première à dire que l’attachement de Belle pour la Bête relèverait dans la vraie vie du syndrome de Stockholm. Mais je n’ai pas été très convaincue par le voyage à Paris et ce qu’il est censé révéler du rapport à entretenir avec le passé. Surtout… quelle peinture de la France ! Des petites gens stupides qui jugent et maltraitent la seule fille éduquée du village, se moquent des pauvres, admirent tous cet imbécile de Gaston, se laissent convaincre en deux secondes et demie… À ce titre la chanson de Belle et son « I want much more than this provincial life » m’a à la fois convaincue (tiens, ça me rappelle une ado qui voulait venir faire sa vie à Paris…) et révoltée (merci bien pour les provinciaux qui ne sont pas tous comme ces villageois caricaturaux !).

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment, et j’ai redécouvert certains aspects de l’histoire et en particulier du personnage de Belle. Il n’empêche que ces Disney live action sont de grosses machines un peu trop bien huilées à mon goût.

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