affiche film The WordsRory Jansen est écrivain dans l’âme. Prêt à tout pour se faire publier, il décroche un emploi dans une maison d’édition, mais son manuscrit est refusé car jugé trop intimiste. En voyage de noces en France, Rory acquiert une sacoche en cuir qui contient un vieux manuscrit anonyme…

C’est à la florissante DVDthèque paternelle que je dois ma découverte de ce film, sorti en France directement en DVD en 2015. Je n’avais jamais entendu parler de ce long-métrage réalisé à quatre mains par Brian Klugman et Lee Sternthal, mais son personnage principal d’écrivain m’a tout de suite interpellée.

En réalité, les écrivains sont plusieurs dans ce film fonctionnant par le principe de la mise en abyme. Il y a d’abord Clayton Hammond (Dennis Quaid), dont le spectateur suit une conférence au sujet de son nouveau roman. C’est l’intrigue de celui-ci qui nous sera peu à peu livrée sous l’aspect d’extraits du livre que Clayton propose à son public. C’est ainsi que nous rencontrons son protagoniste, Rory Jansen, personnage principal du film.

L’organisation un peu complexe du film m’a semblé légèrement superficielle. À vrai dire je n’ai pas très bien compris à quoi « servait » Clayton, pas plus que la chercheuse qui vient l’interroger sur son œuvre (Olivia Wilde). Je crois que l’histoire de Rory, comprenant déjà plusieurs niveaux d’intrigues, aurait pu se suffire à elle-même, et qu’une simplification aurait peut-être permis à l’ensemble de gagner en densité et en intensité.

Cependant, j’ai apprécié suivre le quotidien du jeune aspirant auteur, incarné par un Bradley Cooper toujours pertinent dans le rôle du type qui ne se sent pas à la hauteur (comme dans Happiness Therapy, par exemple). La difficulté à joindre les deux bouts, les heures passées à retoucher son texte, le travail nocturne, les élans d’inspiration, l’incompréhension d’une partie de son entourage (son père, notamment, joué par l’excellent J.K. Simmons), tout cela m’a paru tout à fait réaliste et bien vu. J’ai également beaucoup apprécié Zoe Saldana, très sympathique et touchante dans le rôle de l’épouse apportant confiance, admiration et soutien.

Sans trop dévoiler l’intrigue, je peux dire que Rory va avoir l’occasion d’en apprendre plus que le vieux manuscrit qu’il a découvert dans la sacoche, et que cela nous fera entrer dans un autre niveau de l’histoire, aux côtés d’un personnage incarné par Jeremy Irons et par Ben Barnes selon les âges de sa vie. L’histoire du jeune homme et de sa jeune épouse française Celia (Nora Arnezeder), permet une plongée dans l’histoire et dans un Paris romancé tel que les Américains en raffolent.

Difficile d’en dire davantage sans déflorer le suspens… J’ai trouvé que l’intrigue posait des questions éthiques assez pertinentes et qu’elle proposait des surprises bienvenues, sans être toutefois absolument inattendue. Les acteurs sont tous très justes, et l’ensemble forme à mes yeux bien davantage un drame qu’un thriller, comme annoncé sur Allociné par exemple. En effet, on ne peut pas vraiment parler d’une grande tension psychologique ni d’un vrai suspens. Pour autant, on ne s’ennuie pas vraiment, si ce n’est peut-être dans les scènes relatant la conférence que j’évoquais au début de l’article.

Rien toutefois qui ne justifie l’absence d’une sortie en salles sur grand écran pour ce film qui a le mérite de s’intéresser à la condition des jeunes écrivains.

 

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