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PatientsAprès avoir plongé dans une piscine, Benjamin se réveille tétraplégique. Au centre de rééducation, il s’accroche pour progresser, rêvant de rejouer au basket. Il rencontre d’autres handicapés avec lesquels il se lie d’amitié…

Movie challenge 2017 : un premier film

Tout le monde connaît Grand Corps Malade pour ses slams (même si pour ma part j’ai vraiment découvert sa plume sur son dernier album, Il nous restera ça), mais j’ignorais qu’il était également l’auteur d’un récit autobiographique, Patients, dans lequel il raconte sa rééducation après l’accident qui lui a laissé en souvenir une canne et son pseudonyme.

Passant derrière la caméra avec le réalisateur de ses clips, Mehdi Idir, l’amoureux des mots réalise un film à l’image de ses textes : tout en subtilité, en finesse, en pudeur malgré la crudité de certains faits, en solidarité et en courage, avec des dialogues aux petits oignons.

Comment faire un film qui ne soit pas tire-larmes sur un sujet aussi difficile que le handicap lourd ? Je craignais un peu l’excès d’émotion et de tristesse, façon Le Scaphandre et le papillon (le film de Julian Schnabel, pas le livre étonnamment lumineux de Jean-Dominique Bauby). L’émotion est là, certes, dans les gestes des parents de Ben, dans la déprime qui guette ou l’histoire de Farid, en fauteuil depuis ses quatre ans. Et pourtant, je n’ai pas versé une larme durant le film.

Car ce qui transparaît avant tout, c’est le courage de ces hommes brisés physiquement et l’absurdité de leur nouveau quotidien, incarné par des objets insoupçonnés des valides (la fourchette adaptée, le bac de douche…) et par les personnalités hautes en couleur du personnel du centre. Mention spéciale à Alban Ivanov en Jean-Marie, l’aide-soignant plein d’entrain qui ne cesse de bavasser à la troisième personne du singulier (« Il a bien dormi ? Je lui lève son volet… »).

Face à cette situation, Benjamin dispose d’une arme redoutable : un humour indéboulonnable. Au point que j’ai failli trouver que, tout de même, c’était un peu exagéré, ce jeune homme qui ne craque jamais. Mais la psychologie du personnage nous est peu à peu dévoilée, de sorte qu’elle ne perd jamais en cohérence. Si Ben tient bon, c’est qu’il a de l’espoir et s’accroche à ses rêves.

Des acteurs du film, je ne connaissais qu’Alban Ivanov et Yannick Rénier (le kiné toujours encourageant et souriant qui redonne le moral aux patients). J’ai découvert une brochette de talents très naturels, qui incarnent des personnages auxquels on croit. Pablo Pauly est tellement le personnage de Ben que je ne l’ai pas reconnu, alors que je l’avais déjà vu dans Discount et Carole Matthieu. À ses côtés, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Frank Falise, la liste est un peu longue mais tous méritent d’être cités, car ils apportent au film ce mélange si bien dosé de rire, d’émotion et d’authenticité.

Une belle réussite que ce premier film, qui nous rappelle que même si le corps lâche, il nous restera ça, l’esprit alerte et le bon mot toujours au coin des lèvres.

 

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