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hippocrateLorsque Benjamin entre comme interne dans le service que dirige son père, il pense que tout va se dérouler parfaitement. Mais rapidement, il se sent concurrencé par Abdel, médecin étranger au rang d’interne, et un patient décède dans le service pendant sa garde…

Movie challenge 2017 : un film engagé

J’avais eu envie de voir le film de Thomas Lilti dès sa sortie en salles. Non pas que l’univers médical m’attire particulièrement (encore que, j’ai beaucoup regardé « Le Journal de la Santé » à une époque) mais cela m’intéressait de savoir quel regard portait un médecin cinéaste sur la médecine d’aujourd’hui.

C’est à travers les yeux de Benjamin, jeune interne d’abord enthousiaste, que le spectateur découvre l’hôpital. On comprend vite que le travail ne manque pas, que le personnel est souvent débordé, les lits trop peu nombreux et le matériel parfois défectueux. Rapidement, le jeune homme un peu trop sûr de lui et naïf va être confronté à des difficultés sérieuses voire des cas de conscience. C’est ce qui contribue à rendre le personnage plus attachant au fil du film. Vincent Lacoste, la bonne surprise de Victoria, propose une performance nuancée, avec une belle évolution vers l’âge adulte. Car Hippocrate est un film d’apprentissage, évidemment.

Mais c’est aussi un film très documenté, presque documentaire, sur l’hôpital d’aujourd’hui. On y voit aussi bien les coutumes des étudiants en médecine, leur façon de décompresser entre soirées alcoolisées et humour salace, que la réalité des cas médicaux qui se présentent et des décisions qui participent à la gestion d’un service. J’ai trouvé vraiment pertinent ce traitement ultra réaliste qui nous plonge dans la vie quotidienne, sans pour autant perdre le fil dramatique.

Lorsque l’opposition initiale entre Benjamin et Abdel évolue, le film se fait peu à peu plus qu’une retranscription réaliste, un véritable manifeste pour la survie d’un service public hospitalier de qualité. Abdel (Reda Kateb, césarisé pour ce rôle) incarne le médecin par lequel, à l’instar de Mme Richard, nous aimerions tous être soignés : humain, attentif, efficace, rigoureux, il est tout entier dévoué à ce qu’il considère comme une « malédiction » plus qu’une profession. C’est cette conception de la médecine que défend le film, contre la ligne tenue par le directeur de l’hôpital, qui ne pense qu’à suivre les textes et faire des économies.

J’ai également apprécié de retrouver dans des petits rôles certains jeunes acteurs que j’avais déjà repérés, tels que Félix Moati (Libre et assoupi, À trois on y va) et Fanny Sidney (Dix pour cent).

Certes, on pourra reprocher au film une certaine lenteur, le temps d’installer les situations pour les creuser jusqu’au bout, jusqu’à l’accélération des événements qui conduit au dénouement. Pour ma part c’est un long-métrage engagé comme je les aime, et comme je trouve qu’il en faudrait davantage !

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